Préparer une thèse lorsque vous avez un emploi ou une famille (ou les deux) à gérer, représente certes une gageure, mais ce n’est pas une mission impossible!

L’idée qu’une bonne thèse s’écrit dans la souffrance et qu’un bon doctorant ne vit que pour sa thèse est un mythe bien ancré dans certaines têtes – et que certains se plaisent à alimenter, pour des raisons diverses et variées.
Je ne déclare guère avoir trouver la potion magique, qui d’un seul coup va aménager tout ça, je suis comme 99% des chercheurs qui bataillent jour et nuit pour garder le cap et ne pas se laisser couler dans la dépression, et jusqu’à présent, je pense que je vais plutôt bien. Ce qui importe, c’est d’avoir une bonne gestion du temps et une très bonne organisation. En voici quelques astuces que je recommande vivement.
1.Gardez le contact avec votre thèse
Ce qui arrive c’est que toute la semaine vous serez prise par préoccupations ou activités quotidiennes, le week-end arrive sans que vous ayez réservé un moment pour votre thèse! Et voilà que vous décidez de bosser!
Vous passerez alors, une grande partie de votre temps à vous efforcer pour retrouver le fil de votre travail interrompu. Ensuite, la semaine de travail recommence et la thèse sera laissée en suspens. Le week-end suivant, il faut à nouveau beaucoup de temps pour retrouver le fil. Et ainsi de suite. Ce rythme est souvent éprouvant: se remettre dans le bain coûte du temps et a un effet démoralisant sur le long terme.
Quel que soit votre programme de la journée et quoi qu’il advienne, prévoyez un minimum de 30 minutes par jour pour votre thèse, c’était le 1er conseil que j’ai eu de mon directeur lors de notre 1ère réunion. Je vous invite à tenir un agenda avec des objectifs en posant des objectifs hebdomadaires et quotidiens réalistes.
2.Trouvez un partenaire de travail
Préparer sa thèse est un défi : l’isolement, le manque de cadre… il faut une autodiscipline qu’on n’a pas forcément apprise.
Imaginez que, pendant tout ce temps, quelqu’un vous aide à atteindre vos objectifs, vous soutienne, vous encourage, vous coache – et ce gratuitement!
L’astuce que j’ai trouvé, c’est de trouver un partenaire de travail (qui va se reconnaître surement en lisant ce post), l’objectif et de partager réciproquement vos états d’avancement, vos objectifs et surtout de se donner des deadlines.
Le but est de jouer le rôle de superviseur mutuellement, 3 fois par semaine on s’appelle pour échanger, sur ce que nous avons réalisé, sur nos blocages, nos frustrations, se féliciter, se soutenir surtout quand la motivation n’est pas forcément de la partie … C’est un excellent antidote aux mauvaises excuses, et une façon de concrétiser son engagement : comme un programme avec des objectifs fixes est nécessaire à deux, vous serez d’autant plus enclin à le respecter; l’idée de ne pas laisser votre ami(e) tout(e) seul(e) augmente votre engagement.
3.Compartimentez et dédiez un temps à chaque dimension de votre vie
Si vous ne définissez pas vos heures de travail de manière appropriée, la frontière entre temps de travail et temps personnel de qualité peut devenir floue.
À long terme, ce manque de clarté conduit à des frustrations : ce peut être par exemple un sentiment de culpabilité pendant les loisirs (je devrais être en train de rédiger ma thèse) – rendant difficile la détente.
En bref : votre temps de travail pour votre thèse doit avoir un cadre. Fixez vos horaires de travail, et prévoyez des moments pour les loisirs, la détente et vos besoins personnels : vous devez recharger vos batteries tous les jours.
Et, dans la mesure du possible octroyez-vous un jour off par semaine, ou un week-end off par mois, qui peut sembler court, mais doit être sanctuarisé. N’attendez pas d’être épuisé pour vous reposer!
4.Affirmation: “You can do it”
Vous avez souvent entendu dire par votre entourage, famille, collègues… « Mais pourquoi vous vous êtes mis dans ce baratin ? », « Une femme/Homme avec des enfants et qui travaille en plus, impossible qu’elle/il finisse son projet de thèse », « Comment vous arrivez à gérer tout ça ? » Des fois vous recevrez des encouragements et des admirations, mais assez souvent ce sont des messages négatifs qui se faufilent dans votre inconscient, et que vous finissez par croire.
On se sent coupable envers tout et tout le monde : envers son directeur, parce que la thèse ralentit ; envers son conjoint, parce qu’on est beaucoup moins disponible pour lui ; mais surtout envers ses enfants, dès qu’on prend du temps pour soi.
Ne tombez pas dans ce piège! Prenez une décision et assumez-la : vous pouvez arrêter la thèse ou la continuer. Si vous la continuez, c’est que c’est important pour vous, alors décidez une bonne fois pour toutes de vous donner les moyens de la réaliser et sans aucune culpabilité. Sachez que votre famille n’a pas besoin d’une mère qui a tout « sacrifié » pour eux (ce qui est affreusement étouffant) : ils sont plutôt besoin d’une mère heureuse et épanouie dans ses projets.
Donc ce que je vous propose c’est un exercice d’affirmation, répétez-vous tous les jours la phrase suivante « Je suis capable de gérer plusieurs tâches à la fois, je suis capable d’être une maman présente, une conjointe aimante, une chercheur de qualité et aussi travailler à plein temps », et surtout acceptez le fait que des fois vous serez amené à faire les choses à moitié, il vous arrivera de vous laisser aller, de ne pas être la maman présente et douce, d’envoyer un rendu non fini..
Sachez et croyez qu’au fond de vous-même que vous faites assez, que c’est Ok de ne pas pouvoir tout maitriser et tout gérer à la perfection. Il n’y a que vous qui puissiez décider de vos limites, ne laissez personne les définir à votre place.








