Psychologie ou Coaching : deux chemins différents, mais complémentaires.Dans un monde où le burnout explose, faut-il chercher à comprendre pourquoi nous allons mal… ou plutôt pour quoi nous voulons aller mieux ?

Savoir distinguer et rapprocher les différents types de relations d’aide est essentiel, aussi bien pour les professionnels que pour les personnes accompagnées. Dans un contexte où l’épuisement professionnel gagne du terrain, il devient crucial d’aider chacun à reprendre les rênes de sa vie et de l’orienter vers le spécialiste le plus adapté. Ce choix judicieux favorise l’efficacité de l’accompagnement et renforce la capacité de résilience face à des situations souvent perçues comme insurmontables.
Dans le champ du coaching, on observe un véritable changement de perspective : on passe d’une approche centrée sur l’analyse du passé et de ses causes (étiologie) – par exemple, comprendre pourquoi mon énergie ou ma productivité diminuent – à une démarche résolument tournée vers l’avenir et les objectifs (téléologie). L’accent se déplace ainsi vers le désir d’évoluer : retrouver du bien-être dans son environnement professionnel, retrouver de l’élan, de la motivation. Cette évolution s’appuie sur l’héritage des grands penseurs de la psychologie tels que Sigmund Freud, Alfred Adler et Carl Gustav Jung.
Sigmund Freud : L’étiologie et l’inconscient
Pionnier de la psychanalyse, Freud insistait sur l’importance de rechercher les causes profondes des comportements et des troubles psychiques. Selon lui, les expériences vécues dans l’enfance et les conflits refoulés dans l’inconscient continuent d’influencer l’adulte.
Je vous propose l’exemple d’un manager ayant grandi dans un environnement très autoritaire. Celui-ci peut, sans en avoir conscience, reproduire ce schéma dans son leadership. Il aura tendance à imposer ses décisions plutôt qu’à encourager la participation, ce qui peut générer des tensions dans son équipe. Ce type de comportement trouve souvent son origine dans l’histoire personnelle et dans des mécanismes inconscients.
Alfred Adler : La téléologie et le dépassement du sentiment d’infériorité
Ancien collaborateur de Freud, Adler s’en est détaché pour fonder la psychologie individuelle qui défend l’idée que chaque personne accompagnée est différente et porte sa propre histoire. Contrairement à Freud, qui mettait l’accent sur les causes passées, Adler a développé une approche téléologique : ce ne sont pas seulement nos expériences passées qui nous façonnent, mais aussi nos buts et aspirations. Il mets l’accent sur trois buts de la vie : le travail, l’amour et la communauté .
Selon lui, tout individu est animé par le désir de dépasser un sentiment d’infériorité venant du subconscient et qui peut aider un individu à réaliser certaines choses qu’il pense impossibles, à progresser et donner du sens à sa vie ou à adopter un très fort comportement antisocial.
Je peux vous citer le cas d’un collaborateur qui s’est senti « en retrait » lors de ses études. Et qui a développé, une fois en poste, une forte motivation à devenir expert reconnu dans son domaine. Ce besoin de compenser son sentiment initial d’infériorité a été pour lui un moteur puissant de performance et d’innovation.
Carl Gustav Jung : L’individuation et l’inconscient collectif
Disciple de Freud avant de tracer sa propre voie, Jung a fondé la psychologie analytique. Il a introduit deux notions clés : l’inconscient collectif, peuplé d’archétypes universels, et le processus d’individuation, qui correspond à la quête de l’harmonie intérieure et de la réalisation de soi.
Selon Jung, chaque individu porte en lui des symboles et des images communes à toute l’humanité, qui influencent ses choix et son développement.
Un leader peut être inconsciemment attiré par la figure de « l’héros sauveur » et chercher à résoudre seul tous les problèmes de son équipe. En travaillant sur son processus d’individuation, il apprend à reconnaître ce schéma, à déléguer davantage et à développer un leadership plus équilibré et collaboratif
Intégration dans le coaching
Le coaching s’inspire de ces apports théoriques, mais se distingue par son orientation résolument tournée vers l’avenir. Plutôt que de chercher uniquement à expliquer les comportements par le passé, le coach aide la personne à clarifier ses objectifs, à explorer ses ressources et à tracer un chemin concret pour les atteindre. Selon l’ICF, il s’agit d’un partenariat créatif qui aide la personne à maximiser son potentiel.
Souvent dans mes accompagnements je rencontre des cadres en perte de motivation ; grâce au coaching, mes clients réussissent à identifier leurs aspirations profondes et à vérifier leurs alignements avec leur rôles actuels. C’est alors que l’accompagnement peut conduire à mobiliser leurs ressources et bâtir un plan d’action concret afin de développer de nouvelles compétences, de proposer des projets en adéquation avec qui ils sont, et se positionner progressivement pour une fonction qui correspond davantage à leurs talents et valeurs.
Ainsi, du regard analytique de Freud, à la vision téléologique d’Adler, en passant par l’exploration symbolique de Jung, le coaching d’aujourd’hui propose une synthèse orientée vers l’action et le développement du potentiel humain.
❓ Et vous, dans votre parcours :
- Cherchez-vous plutôt à comprendre vos pourquoi ?
- Ou à clarifier vos pour quoi ?
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