Pour une enfance heureuse 

Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau de Catherine Gueguen

Un ouvrage incontournable à découvrir absolument par les parents, futurs parents, personnel de la petite enfance, ou tout simplement pour toute personne désirant comprendre comment la bienveillance en éducation est la clé pour la construction d’un adulte heureux.

Catherine Gueguen est pédiatre à l’Institut hospitalier Franco-britannique de Levallois Perret. Spécialisée dans le soutien à la parentalité et la communication non violente, elle accompagne, depuis près de 30 ans, médecins, psychologues, éducateurs et sages-femmes sur l’aide à apporter aux parents.  Mais elle ne s’arrête plus là : grâce à cet ouvrage, Catherine Gueguen souhaite rendre accessible au grand public les notions de bienveillance et d’empathie envers le jeune enfant et cela à la lumière des dernières découvertes en neurosciences affectives et sociales.  

«  Lorsque vous aurez lu ce livre, vous ne regarderez plus l’être humain comme avant… »

Thomas d’Ansembourg

Le développement du cerveau de l’enfant et la gestion des émotions

Les récentes découvertes en neurosciences sur le cerveau de l’enfant et son développement ont permis de bouleverser notre perception du monde de la petite enfance. Nos sociétés modernes ont pendant longtemps accolées des étiquettes négatives, dans leur majorité, au jeune enfant. Tantôt qualifié d’ « enfant roi », « capricieux » et « manipulateur », il se retrouve chosifié et, pire encore, responsable de tous les maux en bouleversant l’univers des adultes qui l’entoure.

A travers cet ouvrage, Catherine Gueguen révolutionne notre vision du développement de l’être humain grâce aux révélations clés des neurosciences. Car il est important de le souligner : « chez l’enfant, le système neurovégétatif n’est pas mature à la naissance ». En effet, le cerveau du jeune enfant est immature, fragile et très vulnérable. Il est donc primordial de prendre cela en compte lors de nos différentes interactions avec un enfant. Par exemple, le réprimander pour une faute dont il n’est pas encore capable d’assimiler la gravité est-il vraiment nécessaire ?

Et tant que le cerveau est immature, la gestion des émotions est complexe pour l’enfant et, par conséquent, conflictuel pour le parent qui y fait face. Hors, si la pédiatre met l’accent sur ce point, c’est bien pour expliquer au parent que le cerveau émotionnel de l’enfant est encore en cours de développement. Elle rappelle alors à l’adulte son rôle d’accompagnateur de l’enfant pour embrasser le tourbillon d’émotions qui le submerge. L’enfant, lorsqu’il est en proie à une avalanche d’émotions, l’enfant rentre dans une véritable souffrance qu’il ne saura pas gérer par lui-même car c’est son cerveau émotionnel et archaïque qui est aux commandes.

Alors, lorsque, dans une situation quelconque, un enfant pique une crise qui nous semble nous, adultes, être démesurée, c’est tout simplement parce qu’il est encore incapable de gérer ses émotions en raison « de l’immaturité du cortex préfrontal et des circuits relayant l’information entre le cortex et le système limbique. Le cerveau supérieur n’est pas assez développé pour pouvoir gérer de tels orages émotionnels. (…) Il est fondamental de connaître et de comprendre que ce passage, ce moment de la vie ne durera pas si les adultes apaisent l’enfant au lieu de le réprimander plus ou moins violemment, en le menaçant, en criant, en s’énervant, en punissant ou en frappant ».

Ainsi, « connaître les raisons de ces comportements permet aux adultes de comprendre l’enfant, d’avoir des attitudes mieux adaptées et lui donner ainsi tout l’environnement affectif nécessaire à un développement harmonieux » explique l’auteur.

C’est de cette manière que l’adulte montre l’exemple au cerveau de l’enfant qui va assimiler et enregistrer la façon avec laquelle l’adulte a réussi à gérer un conflit en étant, par exemple, rassurant, apaisant, empathique ou encore compréhensif.   

La parentalité positive pour rétablir la place de l’enfant dans nos sociétés d’adultes

Catherine Gueguen définit la parentalité positive comme un ensemble de comportements respectueux de l’enfant et de ses droits. Pour la pédiatre, « il est naturel d’aimer quand on a vécu dans une famille heureuse et aimante ». Le stress généré par les violences physiques ou psychologiques marque autant l’enfant que l’adulte en devenir. En effet, « le stress subi par l’enfant peut diminuer le nombre de neurones dans l’hippocampe, voire les détruire ». Les violences éducatives ordinaires (NVO) ont des répercussions délétères directes sur le cerveau de l’enfant.

Humilier un enfant pour le punir, lui attribuer des surnoms sur un ton de plaisanterie, lui donner une tape sur la main pour le corriger… la liste des violences éducatives ordinaires est longue et ces pratiques sont trop souvent banalisées et sans cesse reproduites alors que leurs effets négatifs sur le cerveau affectif et social de l’enfant sont prouvés. Eduquer par la peur et la soumission doit être reconnu comme étant une forme de maltraitance et de violence. L’auteur appuie son propos en citant de récentes études américaines qui ont démontré un lien de cause à effet entre les VEO subies par un enfant et l’apparition chez lui, une fois adulte, de trouble de l’anxiété, de dépression et d’agressivité.

Il est pourtant possible aujourd’hui de faire autrement et c’est ce que Catherine Gueguen ne cesse de rappeler tout au long de son ouvrage. L’empathie, envers soi-même et envers l’enfant est une des voies à emprunter car elle permet de bâtir une relation aimante et apaisée entre l’adulte et l’enfant. Une relation qui ne peut que façonner l’intelligence cognitive et relationnelle de l’enfant.

En somme, cet ouvrage, est un véritable plaidoyer pour une éducation bienveillante et empathique, qui invite le lecteur à entamer une réflexion sur son rôle d’accompagnateur de l’enfant pour son développement harmonieux. Sa richesse en conseils éducatifs à destination des parents ou des professionnels, appuyés par des cas cliniques concrets pour les éclairer et une bibliographie étoffée, en font un ouvrage de référence qui mériterait d’être connu par le grand public.

Car, comme le rappelle l’auteur, « une société qui se porte bien prend soin de ses membres les plus fragiles : ses enfants ».  

MERIEM HACHIMI

Docteure en Sciences de l’information et de la communication, Consultante et formatrice en communication 360°

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