Nous sommes nombreux à nous être retrouvé complètement ensorcelé par la prestance et le charisme sur scène d’un Steve Jobs ou d’un Elon Musk lors de leurs keynotes. Certains vous diront, admiratifs, que pour délivrer un speech en public avec autant d’aisance, il faut forcément avoir du talent.

Cette affirmation reviendrait à croire que nous ne serions pas tous logés à la même enseigne pour réussir cet exercice souvent qualifié de difficile. Pourtant, pour réussir son speech, il n’est nullement question de don inné ou de tour de baguette magique : pour progresser, il faut s’exercer !
L’art oratoire
De tout temps, l’art de parler en public a nourri les passions et femmes et hommes ont toujours cherché à en maîtriser les techniques. Dans la tradition gréco-romaine, la rhétorique, qui est « l’ensemble des règles et des procédés constituant l’art de bien parler », était enseignée afin de s’adresser à une assemblée populaire. Elle représentait la première des sept sciences à maîtriser avec la grammaire, la dialectique, la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et la musique. L’art oratoire permettait à l’orateur de convaincre le sénat avec virtuosité et éloquence et, ainsi, de s‘élever aux plus hautes fonctions de l’état.
L’art de la parole et l’art de la répétition
Dans son ouvrage We shall not fail, Celia Sandys explique que bien que l’art de prendre la parole puisse sembler simple, exercer en amont reste la clé pour réussir à prendre la parole en public. « Les répétions sont essentielles, surtout si vous voulez que votre discours paraisse naturel » explique-t-elle.
Et si, selon le neuroscientifique américain Daniel Levitin, il faut bien compter 10 000 heures de pratiques pour atteindre un niveau de maîtrise de classe mondiale, voici, pour commencer, 6 points clés à prendre en compte pour réussir votre prise de parole en public :
1 – Communiquez sur votre expertise
Nous pensons souvent à tort que parce que le « savoir » est devenu à portée de clic, il est aisé de pouvoir s’exprimer autour de différents sujets que nous ne maîtrisons pourtant pas complètement. En communiquant autour de votre champs d’expertise, vous renforcez votre légitimité auprès de votre audience. Choisissez donc la thématique que vous jugez le mieux maîtriser pour vous libérer de l’anxiété d’être approximatif pendant votre discours.
2 – Suscitez de l’émotion
Au-delà du message que vous souhaitez délivrer à votre audience, réfléchissez à l’émotion que vous souhaitez susciter car celle-ci restera gravée telle une empreinte dans l’esprit de votre public. Ainsi, l’impact de votre locution n’en sera que plus fort.
3 – Travaillez votre langage corporel
Nous communiquons par la parole, mais notre gestuelle exprime tout autant que les mots que nous employons. Accrocher du regard votre public afin d’établir un contact visuel avec lui vous permettra de capter son attention et vous adresser à chaque personne présente. Travaillez votre posture pour dégager de la prestance, songez à l’usage de vos mains qui pourraient trahir votre trac.
4 – Apprivoisez votre stress
Tout orateur, aussi expérimenté qu’il soit, ressent cette vague de stresse qui l’envahit avant de donner sa locution. C’est là l’expression d’une appréhension liée à la peur du jugement de l’autre. Et pourtant, ce shoot d’adrénaline peut se transformer en énergie positive. Travailler sa respiration pour chasser l’anxiété peut être un moyen extrêmement efficace pour y parvenir.
5 – Soyez authentique
A l’ère de l’uniformisation des individus, adoptez une attitude disruptive et soyez tout simplement vous-même. Votre locution doit vous ressembler en tout point afin de créer de la proximité avec votre audience. Elle pourra ainsi se projeter plus facilement dans votre discours.
6 – Pratiquez, répétez !
Nous ne le répéterons jamais assez, la clé d’une prise de parole réussie est la préparation. Prendre le temps nécessaire pour répéter votre discours vous permettra d’en assimiler le contenu. Comme nous l’expliquions en début d’article, le neurologue américain, Daniel Levitin, a réussi à prouver que grâce à la répétition d’une action, les connexions neuronales se consolident permettant ainsi une parfaite maitrise de cette action.







