La pandémie Covid-19 a pratiquement perturbé toutes les branches d’activités. Des secteurs locomotives sont paralysés : tourisme, immobilier, transport aérien, grandes industries… D’autre part, une consommation intérieure, moteur de notre croissance, est réduite à son strict minimum. Tout ceci a provoqué un sentiment de peur et d’incertitude chez beaucoup de managers.

Alors, comment accompagner ces managers à sortir de cette crise? Comment les aider à regagner confiance et percer à nouveau? Comment les soutenir à réussir à faire un bilan de la période passée pour repartir sur des bases saines ?
Dans le domaine du management, c’est souvent la période de crise qui révèle le vrai leadership dont la croissance et la transformation sont habituellement accompagnés par un besoin d’évolution et d’éveil, aussi bien que de l’expérience ( la spirale des réussites passées ). Reste certaines interrogations : Comment un manager doit-il prendre les choses quand tout va mal ? Comment trouver des ressources en ces moments difficiles ? Comment cette période peut-elle devenir une opportunité pour l’entreprise ? Quelle attitude le manager doit-il avoir ? Comment mobiliser et fédérer son équipe ?
Il est évident qu’il est impossible pour un dirigeant d’éveiller son équipe, si il est lui-même amorphe. La première tâche de l’éveilleur est de s’éveiller et de faire éveiller les autres. En ce sens le manager devient un éveilleur qui éveille autrui au travers de sa propre intégrité et congruence ; il met les autres en contact avec leurs propres missions et visions en étant lui-même en plein accord et contact avec sa mission et sa vision.
Pour atteindre cette évolution et cet éveil, nos managers doivent redéfinir leurs cartes mentales. Renoncer à une manière de penser désuète appartenant au “champ de l’impossible” afin d’embrasser un autre champ totalement nouveau celui du “possible”.
Cela commence par l’identification de l’état problème afin de définir les ressources nécessaires pour dépasser cet état ; ce qui veut dire qu’il faut d’abord trouver la structure profonde de la représentation du problème et comment il est interprété par notre cerveau, sachant que nous sommes responsables de nos cartes du monde. Il convient donc de se poser la bonne question : ma carte du monde me permet-elle d’atteindre mon objectif ? Dans le cas contraire il faut s’interroger sur la pertinence de notre carte du monde. Nous sommes tous capables de changer de point de vue, il suffit de regarder les choses sous un autre angle, et construire une bonne carte pour décrocher l’objectif.
Ce changement consiste à décrypter la structure profonde d’une ressource et faciliter la transformation de cette ressource dans les nombreux contextes où elle n’a pas encore été utilisée. Ce qui suppose l’identification de ressources dormantes et leur activation, les rendant plus accessibles, capable de fonctionner de façon évolutive vers de nouvelles possibilités.
Lorsque de nouvelles ressources sont mises à jour, libérées et développées, les problèmes qui nécessitent l’intervention de ces ressources pour être résolus émergent et se règlent de façon naturelle et sans effort.
Pour nos managers c’est la destruction des structures actuelles mises en place et devenues trop rigides. Cette destruction sera la cause d’une régression à un stade originaire, non intégré, qui va permettre le contact plus direct avec notre part d’ombre mais aussi nos ressources qui n’avaient pas été encore reconnues ou appliquées. Lorsqu’on est capable de rester centré sur soi même et connecté à un champ de plusieurs possibilités, l’on accède à un état génératif d’expansion et de réorganisation et d’alignement des niveaux de rapports et communications avec soi et avec autrui. Car, face à l’insécurité extérieure, le manager devra s’appuyer sur une sécurité intérieure qui fait sens pour lui et pour son équipe. Il doit prendre conscience d’abord de ses propres ressources pour pouvoir avoir confiance en la capacité de ses collaborateurs . Donc, il est nécessaire pour lui de se ressourcer, car comment peut-il donner de l’énergie à ses équipes lorsque lui-même est vidé de cette énergie ?
Un travail sur soi pour agir efficacement avec les autres
Dans ce sens, un accompagnement par un coach peut servir de guide et de pratique pour le manager pour se connecter à son état ressource, de même que pour assumer son leadership dans un contexte plus humain ; car en toile de fond, il s’agit de replacer l’humain au cœur des préoccupations managériales en tenant compte des aspirations et des potentialités de chacun de ses co-équipiers. C’est lui le commandant du bord qui doit démontrer sa solidité intérieure et sa capacité à relever les défis dans un contexte turbulent. À l’évidence, il doit se détacher de ses peurs et ses vulnérabilités qui se sont installés avec le temps de la crise , et renforcer ses aptitudes relationnelles pour expliquer, informer , fidéliser , faire adhérer l’ensemble à la vision , renforcer sa capacité de communication en se montrant beaucoup plus ouvert aux autres, développer une intelligence situationnelle pour bien guider les actions , mobiliser , redonner du sens et enfin recréer le collectif tout en étant attentif à chacun . C’est pour cela que l’accompagnement d’un manager est une façon de l’inviter à prendre conscience de ses ressources qui sont souvent en sommeil, afin de les utiliser pleinement au service de son bien-être et de ses collaborateurs.
Etant ressourcé lui-même , le manager peut jouer un rôle prépondérant dans le moral de ses équipes, par une attitude déterminée, dynamique, souriante, un discours volontaire, positif, rassurant, et une vision constructive, ouvrant des perspectives à long terme , et communiquant à son équipe une énergie positive et une envie de se battre ; et voici quelques exemples de pistes à suivre pour un nouveau départ et redynamise des activités :
- Analyser et étudier les possibilités
Lorsque l’entreprise traverse une crise, le rôle du dirigeant est d’analyser la situation, d’étudier les possibilités qui s’offrent à l’entreprise, de fixer les objectifs à atteindre et les étapes pour y parvenir, grâce à des projets qui vont motiver et fédérer l’ensemble.
- Capitaliser sur les premières réussites
Pour motiver les équipes et leur montrer que le succès est possible de nombreux exemples observés dans le milieu sportif nous le montrent, les moments de crise, tout comme les succès sont propices à un resserrement des liens. C’est pour le dirigeant et le manager l’occasion de fédérer l’ensemble du personnel autour d’un projet de sortie de crise qui promouvra les valeurs de l’entreprise. C’est dans l’adversité qu’un dirigeant montre ce qu’il vaut, et c’est pour tous les salariés le moment de montrer qui ils sont vraiment et ce qu’ils ont dans le ventre.
- Se focaliser sur l’objectif
Les salariés doivent sentir que tout va dans une direction clairement définie et que tout est fait pour atteindre les objectifs fixés.
- Donner l’exemple
Dans la difficulté le manager doit retrousser ses manches, être dans le terrain. C’est en assumant sa place et son rôle qu’il obtiendra l’adhésion de son équipe, élément souvent indispensable pour sortir de la crise. . Il est primordial pour tout manager de montrer l’exemple, et s’assurer discrètement que toutes conditions de réussite sont forcement présentes.
- Le facteur humain est l’élément capital de toute entreprise
En management, la relation humaine prime sur les objectifs à atteindre, et c’est souvent grâce à l’implication des personnes que l’on peut dépasser une épisode de crise, il est donc, nécessaire de resserrer les rangs et de s’assurer que les règles de fonctionnement sont connues et respectées.
- Se réunir, faire des entretiens
Réunissez votre équipe, pour discuter des problèmes. Lorsque cela est possible, parlez des solutions envisagées. Pour manager efficacement, pensez à faire des entretiens individuels, ils permettent de recueillir les humeurs, répondre aux questions et recentrer le débat sur les points importants.
- Déléguer des taches
Le dirigeant doit déléguer des taches et montrer la confiance qu’il porte à son équipe. En faisant confiance aux équipes, il libère ses collaborateurs en leur permettant de mettre leurs compétences au service de l’entreprise.
Enfin, il est important de souligner que nos managers sont soumis à un dilemme : assurer la pérennité de l’organisation tout en garantissant aux parties prenantes des revenus financiers ; mais dans ce contexte difficile, ils doivent montrer ensuite une qualité essentielle en arrivant à intégrer l’homme au cœur de leur stratégie, et combiner leur rôle d’animateur avec leur obligation d’assurer des revenus financiers aux diverses parties prenantes.
Néanmoins et malgré cette contrainte, on peut conclure que le management est un jeu de rôle à deux : il ne peut pas y avoir de bons subordonnés si le manager est mauvais, mais il ne peut également pas y avoir de bon manager face à de mauvais subordonnés. Chacun doit respecter ses obligations et ses responsabilités. Le maintien d’une bonne discipline de travail dans l’entreprise est de ce point de vue essentiel.








