Le CHO, un métier qui nous vient tout droit de la Silicon Valley et un concept qui a l’air de séduire certaines entreprises au Maroc. Mais au delà de l’appellation insolite de ce métier et de sa promesse de révolutionner le monde du travail, en quoi consiste-t-il concrètement ?

Un nouveau métier pour une expérience de travail au cœur de la stratégie de l’organisation
Mais qu’est ce que le CHO ? Autant commencer par balayer tous les clichés liés à cette fonction encore souvent mal définie, voire caricaturée. Non, le CHO n’est pas un diffuseur de bonheur et encore moins la mascotte de l’entreprise pour infuser du fun entre deux réunions dans votre open space.
Johan Carelli, CHO chez AKTAN, définit cette fonction comme le métier « d’accompagner les collaborateurs au quotidien dans la quête de sens (…) dans une époque où tout devient expérientiel, tout est émotionnel, le travail devient également une source d’expérience ».
Il est donc avant tout un créateur de sens pour ses collaborateurs afin de répondre aux nouveaux enjeux stratégiques des organisations de notre ère. L’optimisation de l’expérience collaborateur devient alors aussi cruciale que l’a été l’optimisation de l’expérience client, car l’un comme l’autre sont les ambassadeurs de l’entreprise.

Le Chief Happiness Officer a pour mission d’œuvrer à :
- Redéfinir une culture d’entreprise centrée sur le bien-être des collaborateurs
- Mettre en place un environnement de travail ouvert et orienté vers le confort des collaborateurs
- Rendre le temps « actif » (ou temps de travail) un moment fluide et agréable
- Rappeler l’importance d’une culture d’organisation vertueuse qui ait du sens pour l’ensemble des parties prenantes
- Optimiser la politique de l’expérience de travail plutôt que la simple atteinte d’objectifs et la maximisation de la productivité
Les entreprises marocaines bientôt vers la “quête du bonheur” ?

Le métier de Chief Happiness Officer (CHO) commence à séduire de plus en plus d’entreprises marocaines, conscientes de l’importance d’une culture d’entreprise qui replace en son cœur le bien-être de ses collaborateurs. Une recherche rapide sur les sites de recrutement du Royaume permet de se rendre compte que le « bonheur au travail » est sur la bonne voie pour devenir un enjeu stratégique réel pour certaines entreprises qui y voient une action stratégique pour booster la performance de leur capital humain. La tendance auprès des recruteurs peut sembler timide mais la demande commence à se faire ressentir, sans parler de son impact positif sur leur « marque employeur ».
Le groupe casablancais Comdata a été le premier à sauter le pas au Maroc avec la création, en 2017, du poste de CHO, avec à sa tête une femme, Saida Fikri. Le management du groupe explique que « cette création de poste a pour finalité d’améliorer l’épanouissement des collaborateurs de B2S Maroc en passant par le bien-être qui est fondamental pour stimuler la productivité et la fidélisation. Le récent métier de responsable du bonheur a pour but de favoriser la qualité de vie au travail (QVT) des employés ».
Après 2 ans à ce poste, Saida Fikri, rappelle néanmoins que, si cette fonction commence à séduire au Maroc, elle doit être mise en place dans le cadre d’une stratégie RH réfléchie et soutenue par le management, d’autant plus qu’il faut rester réaliste quant à l’impact réel des actions du CHO qui sont difficiles à quantifier.
Alors, autant oublier les KPIs et l’effet direct du bonheur sur la productivité, l’essentiel étant de réintégrer les valeurs d’épanouissement collectif au sein d’une organisation de travail.







