L’école assiste la construction des apprentissages chez l’apprenant à travers le savoir qu’elle lui transmet. Elle reste aussi le premier lieu de socialisation de l’enfant, d’ailleurs la plupart de ses relations seront nouées dans cet espace.

« Votre enfant n’a pas le niveau requis pour intégrer notre école ! »
« Nous ne pouvons accepter votre enfant (de 4 ans) parce qu’il ne sait pas écrire son prénom ! »
…….etc.
Ce genre de réflexions est devenu très fréquent dans nos écoles privées, il y’en a même qui se vantent de faire passer des tests d’admission à des enfants de 3 ans, d’ailleurs une école qui s’en abstient est classée en bas de l’échelle. Le pire dans tout cela, c’est que les parents acceptent cette discrimination et se permettent de qualifier ces écoles de « meilleures » et de « sélectives ».
L’ampleur de ce phénomène nous amène à nous poser des questions sur le rôle de l’école : n’est –elle pas en train de se détourner de sa mission ? Serait-elle la principale cause des échecs et par la suite des décrochages scolaires ?
L’école assiste la construction des apprentissages chez l’apprenant à travers le savoir qu’elle lui transmet. Elle reste aussi le premier lieu de socialisation de l’enfant, d’ailleurs la plupart de ses relations seront nouées dans cet espace. L’enjeu est de savoir vivre avec un groupe, l’accepter et apprendre à partager avec ses pairs. C’est à partir de l’âge de 6 ans qu’il va apprendre à devenir élève, l’idée de discipline commence à s’installer.
La lecture, gage de réussite scolaire…
La lecture occupe une place importante dans les disciplines scolaires, les enfants sont exposés aux sons et aux lettres dès leur bas âge. Le rôle de l’école est de leur donner le goût de la lecture, sans les forcer, en attendant que le désir d’apprendre à lire se confirme vers l’âge de 6 ans. En maternelle plusieurs pistes de stimulation aideront les enfants à développer de solides bases pour l’apprentissage de la lecture dont le décodage sans oublier la compréhension de textes qui sera essentielle à la réussite scolaire dès les premières années du primaire. Le goût de lire s’installe à travers les livres d’images appelés albums que l’enfant va feuilleter et demander à l’adulte de lui lire. La reconnaissance de son nom sur son portemanteau, ou sur son casier lui permet de s’orienter dans l’espace classe et d’avoir une place qui lui est propre. L’enfant prend plaisir à manipuler les étiquettes portant son prénom et ceux de ses camarades, c’est aussi une manière de reconnaître l’existence de l’autre et d’accepter d’interagir et de partager avec lui. Cette approche fonctionnelle du monde de l’écrit permet à l’enfant de tenter de trouver des lettres sur les panneaux publicitaires et enseignes qu’il croise dans la rue. L’expérience de la lecture tente tous les enfants, d’ailleurs la période optimale pour cette discipline se situe entre 4 et 6 ans, tenant compte des différences de maturité intellectuelle qui impose un travail individualisé comme dans la méthode Montessori. La connaissance des lettres et des habiletés méta phonologiques s’est révélée le plus important gage de succès en lecture.
Aujourd’hui en difficulté scolaire, demain en échec scolaire
D’après Michel Perraudeau, maître de conférences à l’IUFM des pays de la Loire, la difficulté scolaire « ordinaire » prend deux formes différentes : La difficulté procédurale et la difficulté structurale. Dans le premier cas, l’élève maîtrise en partie ce qui lui est demandé mais il n’utilise pas les bonnes procédures, la difficulté est liée alors aux techniques utilisées. Dans le second cas, les outils cognitifs et logiques sont mal construits ou inexistants, l’élève essaie de faire ce qui est attendu de lui, mais parfois au hasard. L’accompagnement de l’élève en difficulté procédurale est plus facile parce qu’il suffit de faire verbaliser l’élève sur les procédures utilisées, cette prise de conscience va l’amener à faire évoluer ses techniques. Dans le cas de la difficulté structurale, l’accompagnement nécessite une identification des structures intellectuelles qui font défaut et une remédiation transversale et hors contexte scolaire. Un élève peut donc avoir des difficultés passagères et qui peuvent durer des fois, mais si elles sont prises au sérieux l’éventualité de l’échec scolaire sera peu envisageable.
Quel est le rôle de l’école ?
L’enseignant doit garder l’attention de l’enfant en veille, en multipliant les exercices et pratiques qui stimulent cette capacité. Introduire des séances de méditation et de motricité fine comme par exemple l’enfilage des perles, apporte beaucoup de bien aux enfants. La motivation compte beaucoup dans l’engagement de l’enfant dans une activité, c’est la clé même de la réussite ; il doit trouver du plaisir à réaliser une tâche ou apprendre quelque chose de nouveau, et là je reviens à l’éternelle boucle : Enthousiasme-Persévérance-Compétence. Le retour immédiat sur la notion étudiée permet à l’enseignant de s’arrêter sur les points non assimilés ce qui fait de l’erreur un moteur d’apprentissage pour l’enfant .La consolidation des acquis reste un très bon moyen pour s’assurer que la ou les notions proposées ont été intégrées, la répétition est un moyen efficace pour mémoriser une information. L’enseignant réussira sa mission avec un trio d’actions très connues des pédagogies actives : OBSERVER-PROPOSER-AJUSTER.
Il n’existe pas un enfant qui n’a pas une clé qui permet à l’adulte de pouvoir comprendre son fonctionnement et d’accompagner son cheminement vers la réussite : La prédominance d’un aspect de sa personnalité serait une fenêtre pour accéder à son monde.
Il est temps que l’école retrouve son humanisme, ses enfants ont besoin plus que jamais de ses soins sincères et efficaces. Le rôle de l’école est d’aider l’élève à surmonter ses difficultés et non de le rabaisser en lui refusant l’accès à ses bancs sous prétexte qu’il ne répond pas à ses « critères ». C’est très urgent car une fois adultes, ils ne pourront lui pardonner ses abus !








