Les femmes victimes de violences peinent souvent à se reconstruire, d’autant plus que le chemin vers la guérison est semé de doutes s’il est entrepris en solitaire. Se faire accompagner par un coach spécialisé peut être la clé pour panser ses plaies et entamer son processus de reconstruction sereinement.

Sensibiliser contre les violences faites aux femmes à travers le monde
Les chiffres sont glaçants : selon l’ONU, chaque jour en moyenne dans le monde 137 femmes sont tuées intentionnellement dont plus de la moitié par leur conjoint ou membres de la famille et 1 femme sur 3 a subi des violences et/ou sexuelles à un moment de sa vie.
Le 25 novembre 2019 marque le lancement par l’Organisation des Nations unies de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes à travers la Campagne UNiTE contre la violence à l’égard des femmes.
Au Maroc, la campagne menée sous le hashtag #Hit_Ana_Rajel, souhaite sensibiliser sur le rôle des hommes pour changer la donne et lutter contre l’omniprésence de ces actes de violence envers les femmes. « La violence sexuelle contre les femmes et les filles prend ses racines dans des siècles de domination masculine. N’oublions pas que, fondamentalement, les inégalités entre les genres qui sous-tendent la culture du viol sont un déséquilibre des pouvoirs » rappelle António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.
Se faire accompagner pour se reconstruire
Néanmoins, les campagnes de sensibilisation ne tiennent pas assez compte de la souffrance des victimes qui peinent à sortir seules de ce cercle infernal de violence en raison des blessures psychologiques, sexuelles et génésiques qu’elles croient ne jamais pouvoir panser un jour. Devoir faire face au quotidien à un tourbillon de sentiments tels que la perte d’estime de soi, de confiance et de désespoir, engendre une détresse supplémentaire pour la victime qui lui est difficile à supporter.
De plus, il est très souvent compliqué pour ces femmes victimes de se tourner vers leur entourage pour solliciter de l’aide. En cause : la peur, la honte et beaucoup trop souvent l’incompréhension devant lesquelles elles butent.
Seul un professionnel qualifié peut proposer une aide efficace aux victimes de violences en leur offrant un cadre d’écoute et de parole précieux tout en adoptant une prise de distance nécessaire dans ce type d’accompagnement.
Anne-Laure Buffet, coach, conférencière et formatrice, spécialisée dans l’accompagnement des victimes de violences psychologiques, explique très justement comment le développement personnel est crucial pour retrouver son identité au-delà de l’étiquette de victime qui lui est accolée.
Un processus émancipatoire douloureux mais libérateur
Comment ? En commençant par reconnaître sa blessure : « Quand je reconnais ma blessure, quand je la regarde en face, je me reconnais comme victime. Ce rôle qui ne me définit pas, mais que j’ai endossé pendant tout ce temps. Prendre conscience de l’emprise de la maltraitance, des coups quotidiens (…). Il faut quand même dire que Rompre le lien avec l’agresseur ne se fait pas du jour au lendemain parce que celui-ci, qui voit son objet lui échapper, va tout faire et imaginer pour le retenir » développe-t-elle.
Cette reconstruction, douloureuse mais libératrice, nécessite un passage par l’état affectif qui est celui du deuil. La mission du coach sera d’initier ce passage et en identifier les étapes qui sont le choc et le déni, la colère et la révolte, la transition, la compréhension et enfin l’acceptation.
Ainsi, le coach, à travers un accompagnement personnalisé, amènera la victime à retrouver son identité, libérée des blocages liés à son histoire, pour cautériser ses blessures et redonner sens à sa vie.








