Un voyage inspirant qui a permis un partage de réflexions… Interview avec Sanaâ MIKOU, coach de carrière et de leadership, pour Coaching News Magazine.

Il y’a quelques semaines, j’étais en conversation téléphonique avec Sanaâ MIKOU, coach de carrière et de leadership. Juste avant de raccrocher, sachant qu’elle était en voyage, je lui ai demandé où elle était exactement sur cette planète. Elle répondit: « Sur les pas de Jalal Eddine Rûmî, poète de l’amour mystique ». Ce à quoi j’ai immédiatement répliqué : « Konya… »
Elle était, en effet, à Konya en Turquie, pour assister à un festival qui célèbre la naissance du poète soufi. Très enjouée par la nouvelle, je me suis trouvée à répéter l’une de ses citations que j’aime particulièrement : « Sois reconnaissant envers tous ceux qui viennent, car chacun est un guide qui t’est envoyé de l’au-delà ». Si vous souhaitez aussi aller sur les pas de Rûmî, à la découverte du soufisme, je vous partage les détails juste ici: https://coachingnews.ma/retraite-konya-ld/
J’ai pu avoir cette interview avec Sanaâ après son retour.
CNM: Depuis la nuit des temps, le voyage a toujours été une source d’apprentissage. Ses vertus sont sans limites. Comment le voyage peut-il être une source de développement personnel ?
SM : Le voyage nous apprend à aller vers des choses encore méconnues de nous, vers la nouveauté. Il attise notre curiosité et nous fait sortir de notre routine. Il nous rend plus ouvert …. C’est aussi, un rendez-vous avec nous-même. Il nous permet de plonger dans notre jardin secret et poser de nouvelles priorités pour aller enfin, vers l’essentiel. Il nous aide à prendre de la hauteur par rapport à nos préoccupations et savoir les relativiser. Tant de bénéfices qui correspondent à ce qu’un travail de développement personnel peut apporter à chaque individu.
CNM: La vie spirituelle ne peut en aucun cas se résumer à des croyances, religions ou dogmes. C’est une prise de conscience permanente de son quotidien. C’est aussi un long chemin à parcourir avec son cœur et ses sens. En quoi cette vision de la spiritualité s’accorde-t-elle avec le coaching et est-ce qu’on peut parler d’un coaching spirituel?
SM: Au même titre que la spiritualité, le coaching est un travail de prise de conscience et de libération intérieure et extérieure : l’Homme est esclave de ses habitudes, de ses schémas comportementaux inconscients et de ses croyances. Celles-ci constituent son identité et conditionnent ses choix et par là-même son destin. En se libérant de ses automatismes limitants inconscients, il accède à l’actualisation de son potentiel. Il atteint ainsi une meilleure version de lui-même. Une personne créative et épanouie qui prend totalement la responsabilité de sa vie.
Nous rencontrons de plus en plus de personnes qui se sentent perdues et nous assistons à une multiplication de cas de burnout. L’origine de ce mal être est une absence de sens et c’est ce qu’un coaching spirituel, à mon avis, peut accompagner.
Lorsque le coach, lui-même ayant répondu à ce qui constitue sa raison d’être, accompagne la personne à clarifier le « pour qui » et le « pour quoi » elle agit, la magie opère et l’individu prend conscience de sa mission. La personne expérimente cette connexion à un système plus large qui la transcende. Elle réalise qu’elle fait partie de quelque chose au-delà d’elle-même. Les choses autour d’elle deviennent plus fluides : chaque élément de sa vie intérieure et extérieure prend sa place et participe à une œuvre unique et harmonieuse. Elle trouve sa voie pour commencer à cheminer vers l’essentiel.
Je considère le coaching spirituel comme un coaching holistique, où on accompagne l’individu comme étant une et une seule unité corps, âme et esprit.
CNM: Pouvez-vous nous dire davantage sur ce type d’accompagnement?
Pour clarifier mes propos, je citerai l’exemple d’une personne qui souhaite arrêter de fumer ou d’un chercheur atteint de cancer qui souhaite la guérison. Lorsque l’on les aide à conscientiser pleinement le sens de leur vie, la puissance émotionnelle qui s’en dégage les connecte directement à la source de leurs motivations. Ainsi ils réussissent à mobiliser, plus facilement, les ressources nécessaires à la construction de solutions et à l’atteinte de leur but.
“C’est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle”. Jean d’Ormesson
CNM: Jalal Eddine Rûmî a beaucoup contribué à l’essor du soufisme. Il avait fondé l’une des principales confréries Soufies de l’Islam à Konya, ce qui lui a valu le titre de « Notre Maître ». Est-il facile de trouver des similitudes, des points communs entre maître et coach ?
SM: Un maître soufi, au même titre que le coach, est dans une relation d’accompagnement. Il est aussi au service de ses disciples comme le coach est au service du coaché. Humilité, présence, bienveillance et écoute sont des qualités communes aux deux postures. Ils jouent tout deux le rôle de miroir pour accompagner des prises de conscience au service de la connaissance de Dieu pour le premier et d’un projet de vie pour le second. On peut dire que le coaching revêt un caractère utilitaire.
Le coaching est dans la lignée des pensées de Rûmi, dont je garde cette citation : « L’homme, véritablement homme est celui qui chaque jour s’accroît, avance, progresse… ».Le coaching participe à l’évolution de chacun vers une meilleure version de lui-même. Je parle ici de l’individu, mais nous pourrions aussi parler d’équipe ou d’organisation.
Dans le coaching, le sujet est acteur de son changement, un maître soufi serait comme un mentor, il va être modélisant par ses croyances, valeurs et expérience qu’il va transmettre. Le disciple devra suivre le même processus qui a permis au maître de réaliser cette intimité avec Dieu, le maître en connait les secrets. Il lui facilite l’atteinte de cette quête d’Amour.
Le coaching est une discipline laïque comme l’a exprimé Christian Lestienne dans le livre « Soufisme et Coaching », je dirai plutôt une démarche humaniste où tous les savoirs, y compris spirituels ou religieux doivent être accessibles pour que l’individu, ainsi instruit, reste libre et pleinement responsable de ses actes dans la croyance de son choix afin de se réaliser.
CNM: «Sois reconnaissant à tous ceux qui viennent, car chacun est un guide qui t’est envoyé de l’au-delà ». Souvent quand nous rencontrons des problèmes dans notre quotidien nous ne voyons que le côté obscure de la situation. Comment peut-on changer notre vision et les vivre positivement ?
SM: Cultiver un état d’esprit positif, un optimisme qui ne serait pas un refus ou un déni des problèmes rencontrés, mais un élan vers la recherche et la construction de solutions. Attendre le meilleur de l’avenir et œuvrer à sa réalisation. Il y’a deux façons de vivre notre vie: soit comme un problème à résoudre ou comme un mystère pour apprendre et croître.
CNM: Pourriez-vous partager avec nos lecteurs quelques souvenirs que vous avez gardés de ce voyage?
SM: J’ai apprécié me promener à Konya à la nuit tombée, un calme et une sérénité particulière y règne, j’ai rencontré des passants qui s’exercent à la danse des derviches tourneurs. Le mausolée de Mevlana est enveloppé d’une douce lumière bleutée. Le festival a été un moment de voyage intérieur à travers des musiques mystiques ou le ney (flûte de roseau ) raisonnait comme un chant d’oiseau.
CNM: C’est très poétique, pourriez-vous, en un mot, nous montrer la destination de ce voyage intérieur ?
SM: La femme que je suis aujourd’hui, quelle mission remplit-elle dans ce monde ? A quoi est-ce que je contribue au-delà de mes intérêts personnels? Autant de questions que se pose actuellement l’individu, en quête de sens, d’intériorité et de reliance. Lorsque nous élucidons notre raison d’être, une paix intérieure s’installe en nous, laissant l’être divin en nous s’exprimer; nous prenons conscience de notre propre grandeur, de celle des autres et de l’univers : C’est une réelle grâce de faire ce chemin vers une nouvelle naissance de notre soi, en se libérant des chaînes du conditionnement pour devenir entièrement responsable de notre vie et de notre bonheur.
Merci Sanaa Mikou de m’avoir accordé cette interview. Je retiendrais de notre entrevue un message emblématique : notre quête de sens est la clé de notre bonheur.









En lisant tes réponses ,je te voyais là méticuleuse et posée avec le geste nécessaire, tel un guide sur le sentier d’un sommet montagneux. J’ai été grandement guidé.
En lisant tes réponses je te voyais là meticuleuse et posée avec le geste nécessaire, tel un guide sur le sentier d’un sommet montagneux. J’ai été grandement guidé.
J’apprécie la métaphore que vous utilisez , elle correspond parfaitement au rôle du coach comme éclaireur dans le maquis de l’inconscient de la personne qu’il accompagne.Merci pour ce témoignage et je vous dis à très bientôt sur CNM.
Bravo Sanaa pour cet excellent article et ce rapprochement subtil entre le coaching et le soufisme je pense qu’ à chacun sa porte d’entrée. Ton article est une invitation à aller dans notre monde intérieur pour toucher et goûter à cette paix intérieure.
Oui l’accès à cette paix intérieure peut prendre plusieurs voies et c’est ce qui nous maintient dans l’espoir.A bientôt sur CNM.
Très belle expérience, je pense que la spiritualité participe beaucoup à notre paix intérieure et comme tu as cité le coaching spirituel accompagne l’individu corps, âme et esprit.
bravo Sanaâ 👍👏
Merci pour votre commentaire et à très vite sur CNM.
un voyage spirituel pour la quête de sens bien mérité accompli par notre chère Sanaa, vu son dévouement au service de l’être humain pour faire jaillir les lumières de la sagesse et de l’amour autour de tout ceux qui croisent son chemin
merci de nous lire
La quête de soi est 1 processus qui exige une réflexion sereine et profonde pour ne pas s’égarer.
Bravo Sanaa !
🥰🥰 une interview apaisante
Magnifique interview Sanae que j ai lu 3 fois en boucle! Effectivement le voyage est une source de développement et d apprentissage, ça nous procure de la paix ,la joie et l amour..ce que le soufisme tout comme le coaching procure avec ses techniques d’accompagnement tout en surpassant ses croyances limitantes