Sommes-nous tous des mangeurs émotionnels?

«Dès que je grossis je m’aigris.» et « dès que je m’aigris je grossis.». L’humoriste et dessinateur a tout résumé en deux mots. Il affirme avec le sourire que nous mangeons nos émotions. Alors sommes-nous tous des mangeurs émotionnels?

Sommes nous tous des mangeurs émotionnels

Incontestablement oui ! A des degrés diverses certes ! Mais nous le sommes tous.

Nous sommes tous conditionnés

La première de toutes les émotions que nous éprouvons est l’extraordinaire douleur que nous ressentons à la naissance. Le premier respire qui ouvre nos alvéoles pulmonaires, le passage brutal du milieu aqueux douillet, sain et sauf au milieu aérien bruyant, dangereux et effrayant. Pour calmer douleur et frayeur, on administre au nouveau-né un biberon d’eau sucrée, ainsi que des paroles calmantes, parfois un début de berceuse.

Cette émotion-là et ce goût-là, nous les gardons profondément enfouis dans notre système limbique et ils restent avec nous jusqu’au dernier souffle. Dès le premier contact avec le monde extérieur, le corps se construit. D’abord grâce à la nourriture. Il se construit émotionnellement aussi. Le psychisme charge émotionnellement ce que l’individu consomme. Logique.

Le nourrisson encore incapable d’élaborer symboliquement ses ressentis en les nommant, en les acceptants, les associe aux aliments qui traversent son corps. La tristesse, la peur ou la colère seront ainsi associées au goût plaisant de l’eau sucrée, du miel, du lait ou du chocolat que l’on introduit dans sa bouche et se mêleront aux émotions et sensations spécifiquement produites par l’acte même de manger : goût, odeur, plaisir des saveurs, plaisir des textures, contentement de sentir son corps fonctionner, apaisement, chaleur, sentiment d’être rempli, rassasié, calmé, dans une atmosphère pleine de calme et de douceur.

Toute émotion négative se trouve ainsi neutralisée, ou du moins transformée. Avec une prise de poids concomitante pour le bébé comme pour l’adulte. Avec un conditionnement, voire un réflexe: soigner l’émotion négative par de la nourriture. Ce conditionnement est gravé comme le comportement « par défaut ».

Beaucoup de parents ont tendance, lorsque l’on est enfant, à répondre aux plaintes ou demandes (besoin d’être réconforté, rassuré, consolé, stimulé, récompensé…etc.) par l’alimentation. De la sorte on instaure puis conforte la confusion des ressentis positifs ou négatifs tels que la colère, la frustration et même la joie avec la sensation physique de la faim.

Notre comportement alimentaire est fonction de nos émotions

Pendant la digestion, les différents apports alimentaires déclenchent une cascade de réactions physiologiques et biochimiques, qui synthétisent les neurotransmetteurs déterminants nos différentes natures hormonales.

Or la majorité des gens y compris des thérapeutes ont tendance à ignorer purement et simplement que la tête est attachée au corps. Tout se passe comme si cette tête et le cerveau qu’elle contient étaient inutiles. 

Les dernières études ont démontré largement le rôle primordial joué par le cerveau dans toute pathologie. A fortiori quand il s’agit de nourriture en général et d’obésité en particulier. Tout donne à croire que la majorité de nos problèmes psychiques seraient dus à un déséquilibre de la chimie du cerveau bien plus qu’aux traumatismes vécus pendant l’enfance.

Lorsque l’organisme secrète trop peu d’hormones, c’est la marque du vieillissement. Le déséquilibre hormonal commence d’autant plus tôt que le cerveau est soumis au stress plus tôt. Des études cliniques récentes ont montré qu’il est possible de stimuler la production d’hormones par le cerveau et de contrer le vieillissement.

On peut rééquilibrer sa nature hormonale par un régime adapté et par des compléments alimentaires adéquats. On peut aussi suivre un programme d’exercices physiques trois à quatre fois par semaine ou de yoga ou de méditation ect… Eviter des polluants tels la fumée de cigarette, (arrêter si on est fumeur), le plomb de certaines peintures, les batteries, le mercure de certains soins.

Même une petite infection peut nuire au cerveau. Des perturbations mineures peuvent avoir des complications majeures parce qu’un organisme malade ne peut produire des neurotransmetteurs sains. Or le moindre déséquilibre dans la biochimie du cerveau peut être source de maladie.

Par exemple une baisse de sécrétion de l’adrénaline provoque les sentiments de colère et d’agressivité, donc le niveau de stress augmente, le rythme cardiaque augmente et la tension artérielle aussi. Arrivé à un certain stade, c’est la sérotonine qui est sollicitée à son tour, mais tellement que le sujet en devient insomniaque. Les réserves de sérotonine finissent par s’épuiser ; alors apparaît le besoin compulsif de sucres rapides. Et la spirale est lancée.

Or anxiété et état dépressif n’épargnent personne

Les émotions pourraient, de l’avis général, provoquer des excès alimentaires, augmenter la sensation de la faim et faire perdre le contrôle. Plus spécialement quand on a des difficultés à nommer les ressentis, à les mentaliser, à leur trouver des solutions par le travail psychique. Pour se sortir d’une émotion forte douloureuse un acte violent, intense, doit être accompli ; en l’occurrence une prise alimentaire dont le rôle consisterait à court-circuiter la vie mentale.

Parfois cet excès alimentaire est un comportement autopunitif. Cet excès conduit au surpoids qui serait une punition pour une faute réelle ou imaginaire.Une culpabilité ancienne ou le sentiment d’une culpabilité incessant, poussent à manger sans faim pour se réconforter ou se punir. L’esprit humain est ainsi fait que des punitions, des sévices prolongés induisent des mécanismes que l’on pourrait qualifier « d’érotisation masochiste » selon le psychiatre Stéphane CLERGET. Parfois cet excès alimentaire est un comportement protecteur contre un traumatisme ancien, dont les séquelles perdurent.

Toute personne en surpoids sait plus ou moins consciemment que :

-elle est capable ou non de dire ce qu’elle ressent.

-elle a pour habitude de ne pas montrer ses émotions et de prendre sur elle ou pas.

Un manque affectif, une contrariété, un choc ou le stress, peuvent se traduire dans le corps par des symptômes parfois graves. Les pensées, on le sait, peuvent rendre malades. Mais les pensées peuvent également guérir. Il n’est pas étonnant que certaines pensées puissent faire maigrir, volontairement et durablement.

*Réf. Des pensées pour maigrir,Eudes SEMERIA,Albin MICHEL.

MOHAMMED HADI BELGHITI

Docteur en médecine générale, Diplômé en nutrition et en diabétologie, Diplômé en médecine esthétique, Certifié en hypnose Ericksonienne.

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