Extrait du livre : Au secours mon enfant a des devoirs– Comment l’aider sans cris, sans pleurs et sans reproches de Bernadette Dullin – Ed Hugo
Ah les notes… Elles font la une des conversations des jeunes et des adultes à la sortie de l’école, et la une à la maison !
Elles enchantent les uns, menacent et martyrisent les autres.
Finalement… que de pouvoir attribué à un ou deux chiffres sur une feuille de papier !
Pourquoi la mauvaise note vous épouvante-t-elle à ce point?
Qu’y a-t-il derrière la peur de la note ?
Peut-être que votre propre scolarité a été chaotique. C’est alors extrêmement douloureux, voire insupportable, de sentir votre enfant souffrir des mêmes maux que ceux que vous avez endurés. Vous savez précisément ce qu’il ressent et ça vient réveiller vos souffrances d’antan. Vous vous sentez peut-être responsable ; ça vous fait culpabiliser, même si vous n’y pouvez rien…
Réfléchissons ensemble : avez-vous fait exprès d’être un mauvais élève? Non? Eh bien c’est pareil pour lui… Vous avez été puni, menacé, vous avez redoublé. Etiez-vous effronté au point de désirer plus que tout échouer? Bien sûr que non ! Et votre enfant pas plus que vous!
Vous êtes confronté aujourd’hui à la même situation que vos parents à l’époque…
Demandez-vous ce qui vous a mis en difficulté.
L’histoire dans laquelle votre enfant est empêtré peut ressembler à la vôtre, mais le contexte est forcément différent. Peut-être revivez-vous votre histoire à travers la sienne… qui est cependant différente.
Je suggère toujours aux enfants de devenir le héros de leur propre légende !
Quand votre enfant ramène une mauvaise note, que faire ?Que dire ?
Ce qui arrive communément c’est que votre angoisse, votre colère, votre déception, votre désespoir explosent spontanément, bruyamment et abondamment à l’annonce d’une mauvaise note ! Schéma familial qui se reproduit de génération en génération ? Réaction personnelle?
Si vous avez du mal à retenir votre colère quand votre enfant vous dit ses notes, il va indubitablement mentir par omission les fois suivantes. Cependant, c’est vous qui vous sentirez ulcéré qu’il ne vous ait pas dit la vérité ! Ce n’est pas qu’il veuille commencer à vous mentir, ni qu’une déviance se mette en place : c’est une stratégie pour minimiser I’impact des notes sur vous et sur la vie familiale.
Mettez-vous à la place de l’enfant et réécoutez ce que vous venez de lui dire. Si vous étiez à sa place, honnêtement, à la prochaine mauvaise note, attendriez-vous impatiemment de donner la nouvelle à vos parents ou ne préféreriez-vous pas oublier… de la donner… ? De toute façon, elle apparaîtra sur le bulletin et il y aura encore une soirée gâchée. Tant qu’à faire, il regroupe l’annonce de toutes ses mauvaises notes, il n’y aura ainsi qu’une soirée assombrie !
Par ailleurs, un enfant sensible qui se fait ainsi vilipender à chaque mauvaise note est intérieurement tétanisé. Toutes ses émotions sont en émoi. La seule chose qu’il retiendra, c’est que pour s’exprimer ainsi, ses parents ne doivent pas l’aimer tant que ça.. Des mots si violents, si douloureux, adressés à quelqu’un qu’on dit aimer si fort, non, ce n’est ni acceptable ni compatible.
Cette manière de réagir va éviter de cristalliser la peur de rater les prochains contrôles. Elle va transférer la peur d’échouer sur la volonté de reprendre ce qui n’a pas été réussi, pour mieux réussir la prochaine fois. C’est une occasion de compléter l’apprentissage de la notion concernée. II restait un point d’ombre, il va se dissiper avec ce travail.