L’art subtil de la méditation

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Depuis les 30 dernières années, la pratique de la méditation s’est très largement répandue en Occident, avec aujourd’hui de nombreuses formes de pratique.

Ce mouvement, initié par des maîtres pratiquants aux intentions altruistes, est fondamentalement un bienfait. Car cette pratique ancestrale – dont les premières formes remontent aux prémices de la pratique de Yoga (plusieurs milliers d’années) – permet une meilleure connaissance et conscience du soi, pour vivre en harmonie de corps, de cœur et d’esprit.

Cette pratique s’apparente à un art, ancré dans l’expérience et la pratique régulière. Elle requiert acuité, vigilance, patience et détermination ; qualités qui se développent tout autant avec la pratique.

 

De nos jours, plusieurs voies sont accessibles dont le Bouddhisme (Chan en Chine), le Taoïsme, le Zen, la Pleine conscience, avec bon nombre d’aides et de ressources en ligne disponibles.

 

Vigilance quant au choix de la forme de pratique

Que nous soyons tout débutant ou déjà pratiquant, il m’apparaît important de souligner l’importance de bien choisir la forme de pratique.

Tel un artiste sculpteur devant son bloc d’argile, il va s’affairer à la tâche avec les outils adéquats ; ciseaux, marteaux,,,, suivant les besoins et la nature de la glaise ou de la composition à réaliser.

Il en est de même pour la pratique de méditation.

Pour exemple, il y a un grand engouement en ce moment pour la pratique de méditation Pleine Conscience. Instaurée en milieu clinique dans les années 75 par le docteur et professeur Jon Kabat-Zin, Ses bienfaits sont aujourd’hui prouvés scientifiquement.

Initié originellement à la pratique de méditation Bouddhiste (dont elle est issue), je l’enseigne aujourd’hui et la pratique personnellement.

Avec la pratique, agrémentées de sessions d’introspections, je me suis aperçu que cette pratique peut représenter un gros défi pour les personnes hypersensibles et à Haut Potentiel Intellectuel (HPI ou douance).

Car l’observation des sensations, émotions et pensées peut s’avérer très difficile, voire pénible par ce mode de fonctionnement neurologique qui amplifie et démultiplie à grande vitesse toute perception.

 

Récemment je partageais avoir été diagnostiqué Haut Potentiel Intellectuel (HPI) il y a quelques années. La pratique de la simple observation demandait des efforts considérables pour rester dans la simple présence, sans être emporté par le flot des pensées-émotions observées.

Évidemment, je recommande vivement d’être guidé dans sa pratique, au moins les premières fois, car l’expérience peut s’avérer intense pour le/a débutant/e.

Pour exemple, la journée de travail est finie, notre tête est bien remplie ou sur le point d’exploser. Avec l’intention de s’offrir un moment pour soi, avec soi, nous voilà assis/e sur notre coussin ou une chaise pour pratiquer. Et là, c’est une vague énorme, voire un tsunami émotionnel qui déferle dans notre espace mental.

Autant dire que devant un tsunami, il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est se mettre à l’abri, loin et en hauteur. Au même titre que pour la pratique de méditation, quand ce tsunami arrive droit sur vous, concentré par toute l’attention que vous avez mis ailleurs sur vos tâches et projets professionnels à réaliser, la déferlante va être intense voire violente.

Pour parallèle, même les meilleurs surfeurs au monde ne s’essaient pas à rider un tsunami, et pourtant il s’agit de professionnels experts dans leurs domaines, avec des milliers d’heures de pratique.

 

Donc en premier lieu, choisissez le moment adéquat pour méditer suivant votre charge émotionnelle.

Allez-vous surfer une mer houleuse avec une planche de plage en polystyrène ? Le bon sens indique d’attendre que les conditions soient plus propices. De même pour notre état émotionnel avec le choix du moment pour pratiquer.

Ensuite, suivant mon état du moment et ce que je ressens, vais-je utiliser la même planche tous les jours et faire en sorte que ça passe quand même ? Eh bien non.

Certes c’est possible, mais la pratique va débuter dans des conditions moins propices à, justement, pratiquer de manière bienfaisante et bienveillante.

Pour exemple, avec un mode de fonctionnement neuronal démultiplié, l’observation des pensées, des émotions et de la libre circulation de ce qui se produit en et autour de soi (base de la pratique de méditation Pleine Conscience), sollicite et démultiplie les connexions neuronales.

(Oui, la méditation permet d’étendre et d’affiner son champ de conscience au point de percevoir les flux d’activité neuronale. Avec la pratique,  notre finesse de perception dépasse celle d’un microscope électronique de haut calibre).

Cette démultiplication de stimuli devient difficilement gérable,  au point de surcharger davantage le mental,. Ainsi, la pratique de méditation Pleine Conscience est juste une pratique parmi un éventail de possibilités.

Ainsi, je me suis orienté vers d’autres formes de pratiques. L’une des plus simples et des plus efficaces, pour ma part, est celle de Zazen, issue de la voie Zen.

 

La pratique Zazen

Le principe de cette pratique est d’un simplicité enfantine !

Comme tout notion ou concept simple, cela inclut une vaste complexité ; surtout dans ce domaine subtil de l’observation la plus intime de notre être.

 

Pour pratiquer Zazen, simplement s’asseoir, le dos plutôt droit et les épaules dégagées en portant son attention sur le souffle et les sensations de sa respiration.

C’est tout !

Rien de plus, ni à faire, ni à trouver ni à tenter. Juste s’asseoir et respirer en conscience pendant quelques minutes.

Pour cette pratique, je recommande tout autant d’être accompagné/e les premières fois, pour s’assurer d’une pratique dans des conditions et de manière adéquate.

Aussi simple que cela puisse paraître, une vastitude de sensations, de pensées, de perceptions, de discours intérieurs, d’envies spontanées vont déferler dans votre champ de conscience.

Quand cela se produit – et cela se produira car notre mental est fait pour penser – le but est de continuer à observer sa respiration, avec ce qu’il se passe en soi et autour de soi.

Juste continuer à respirer, quoiqu’il arrive en soi. autour de soi (sauf s’il y a le feu bien sûr.)

Pour les personnes extra sensibles et à Haut Potentiel Intellectuel, cette pratique apporte beaucoup de bienfaits: apaisement mental rapide, décontraction profonde, paix intérieure ressentie,… Le respect de notre intégrité corporelle, émotionnelle et mentale sont préservées.

Pratiquez plusieurs fois Zazen dans la semaine pendant 5mn  et observez comment vous vous sentez intérieurement.

 

À chacun sa voie, sa pratique

Evidemment, il existe bien d’autres formes de pratiques.

Si celle de la Pleine conscience ou de Zazen ne vous convient pas après un certain temps, pratiquez une autre forme ou changez d’art !

La méditation est un art et il en existe bien d’autres ; la peinture, le dessin, la photo, la vidéo, la sculpture, le chant.

Autant de pratiques qui vont vous demander présence, acuité de perception, vigilance et détermination ; qualités clés pour développer une meilleure conscience et harmonie bienfaisante.

 

Pour conclure, je vous partage cette intime conviction :

Nous sommes l’Artiste de notre bien-être.

 

OLIVIER GUERIN

Olivier Guérin, auteur, conférencier, instructeur de méditation, coach professionnel et superviseur spécialisé en Résonance

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