La parentalité positive : pour le bien-être du parent et de l’enfant

parentalité positive

Durant ces dernières années, on ne jure que par la parentalité positive. On en parle beaucoup autour de nous et c’est devenu même, des fois, un prétexte pour justifier certaines attitudes de nonchalance de la part de certains parents face aux débordements de leurs enfants.

Le terme parentalité positive suppose qu’il existe une parentalité négative, or il n’existe pas de parents malveillants et en aucun cas, la parentalité positive ne remet en cause l’éducation que nous ont donnée nos parents ; mais elle implique une évolution dans nos pratiques éducatives et une réflexion profonde sur le rôle que nous avons décidé de prendre pour accompagner le développement de nos enfants.

La parentalité n’est pas chose facile, c’est devenu un «  métier » qui n’est pas de tout repos , on est souvent guidé dans nos comportements avec nos petits par des schémas de répétition : Pour montrer que je n’accepte pas une attitude de la part de mon enfant, je commence par lui expliquer gentiment ; il persiste dans son attitude et ma colère va crescendo. L’un des principes fondamentaux de la parentalité positive est l’écoute active, elle permet de reformuler ce que ressent l’enfant, ce qui va lui permettre de prendre conscience de la situation qui engendre son attitude et par la suite accepter les alternatives proposées.

La parentalité bienveillante consiste à accompagner au mieux nos enfants sans culpabiliser et sans faire de pression, c’est s’accepter et écouter son cœur, c’est arrêter de vouloir changer pour être digne d’être parent d’un enfant qu’on veut toujours heureux, comblé et satisfait.

La parentalité non violente prête à plusieurs confusions, on pense souvent que l’enfant est le seul à en bénéficier mais en réalité c’est un rapport gagnant-gagnant : sérénité, calme et respect vont régir la relation parent-enfant.

Pour être bienveillant envers mon enfant, je dois l’être avec moi-même, je dois écouter mes besoins pour pouvoir répondre aux siens ; la bienveillance perd son sens si je dois ravaler ma colère, mon stress et sourire pour montrer que tout va bien.

Les parents doivent faire attention de ne pas tomber dans le piège de la parentalité excessive : ils aspirent à donner à leurs enfants une vie prospère et épanouissante ce qui est légitime, c’est en cherchant à répondre toujours présents, à en faire trop et à vouloir toujours donner plus qu’ils tombent dans l’excès. Cette situation crée, souvent, du stress et  des déceptions autant pour l’enfant que pour les parents.

La surprotection de l’enfant finit par le couper du monde extérieur et à le plonger dans un état de dépendance. La vie est une suite d’expériences positives et négatives, surprotéger son enfant, c’est lui ôter l’opportunité de vivre ces expériences (bonnes ou mauvaises), un enfant qui apprend à faire du vélo n’apprendra que si on le laisse faire tout seul, il va tomber une ou deux fois mais il apprendra à la fin.

Il n’est pas toujours facile de garder le cap vers la bienveillance, notre approche de la parentalité positive se heurte des fois à des situations pas très confortables et face aux débordements de l’enfant (pleurs et crises émotionnelles), les parents se trouvent incapables de gérer.

En fait, derrière ces pleurs et cette violence se cache un besoin non satisfait, et là il ne faut pas confondre « besoin » et « désir », car souvent l’enfant manifeste ses besoins par des désirs ; et ces désirs ne sont pas toujours réalisables ; la bienveillance consiste donc à chercher le besoin qui se cache derrière ce désir, proposer une alternative  et ajuster le comportement de l’enfant sans céder.

Au final, il faut comprendre que la parentalité bienveillante ou positive n’est pas un phénomène de mode mais un état d’esprit ; accepter les débordements de son enfant pour rester dans la tendance enlève à la bienveillance toute son âme.

La parentalité positive n’est pas du laxisme, elle est régie par des règles et le défi est de savoir les instaurer et les faire respecter, c’est vrai que nous n’avons pas toujours la possibilité de changer un comportement jugé inapproprié, mais nous avons la possibilité de choisir comment le vivre.

Najate ALABDLI, Coach scolaire

NAJAT ALABDLI

Lauréate de l'université des sciences de l'éducation, Coach scolaire, spécialisée en psychologie du développement de l'enfant

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