Les autorités locales, à l’instar de celles de plusieurs autres pays, enjoignent la population à respecter les mesures drastiques de lutte contre la pandémie du covid-19 en respectant un confinement total afin d’éviter les risques de contamination. Mais comment apprendre à vivre seul avec soi-même ?

Nous y sommes donc : s’enfermer et rester chez soi pour une période indéfinie… Une mesure accueillie différemment par chacun : angoisse, anxiété, dépression et, plus curieux encore, peur de l’ennui. Les internets sont depuis quelques jours inondés d’idées et astuces pour « faire passer le temps » et « contrer la solitude de l’isolement ».
Depuis quand sommes-nous devenus aussi anxieux à l’idée de nous retrouver avec nous-même ?
« L’homme qui n’aime que soi ne hait rien que d’être seul avec soi. »
Blaise Pascal
Dans ses célèbres « Pensées » (1670), Blaise Pascal revient sur ce tourment des hommes à se laisser happer par la frénésie du quotidien et l’agitation perpétuelle des choses de la vie qui les fait souvent redouter de se retrouver avec eux-mêmes.
Pour lui, « les hommes ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l’occupation au dehors, qui vient du ressentiment de leur misère continuelle. (…) On cherche le repos en combattant quelques obstacles ; et si on les a surmontés, le repos devient insupportable. Et quand on se verrait même assez à l’abri de toutes parts, l’ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir du fond du cœur, où il a des racines naturelles, et de remplir l’esprit de son venin ».
C’est donc ainsi : le divertissement pour fuir l’ennui, et la peur de l’ennui pour ne pas affronter le Moi. Cette période exceptionnelle que nous traversons ensemble pourrait peut-être être notre chance de reconsidérer nos rythmes de vie effrénés et envisager la vie autrement. Accueillir cette peur de l’ennui non comme une punition conséquence d’un enferment mais plutôt comme l’occasion de réfléchir au sens de nos existences et des multiples choix que nous prenons au fil du temps comme à leurs conséquences. Une opportunité de prendre le temps que l’on cherchait en vain jusqu’à présent, pour se retrouver et accepter les vagues de la vie telles qu’elles arrivent et sur lesquelles nous n’avons finalement aucun contrôle.
Mais alors comment s’y prendre ?
« C’est en commençant par devenir soi-même que l’on peut ensuite s’occuper des affaires du monde »
Gaspard Koeing

La réponse se trouve en chacun de nous, encore faut-il accepter de mener un travail sur soi. Lâcher prise, prendre le temps et, tout aussi important, accueillir ses émotions et en prendre conscience…
Transformons ce temps de confinement en temps pour soi et pour nos proches. Voyons-y l’occasion inespérée de ralentir la cadence effrénée de nos quotidiens pour nous recentrer sur l’essentiel. Définissons, justement, ce qui est réellement essentiel à nos yeux face à la frivolité de ce que l’on ne cesse de convoiter.
Et enfin, méditons sur ce pourquoi nous sommes reconnaissant à la vie…








