Quelles sont les croyances mises en jeu dans le pardon ?

Pour répondre à cette question, il y a lieu de comprendre tout d’abord les situations qu’une personne est amenée à vivre et l’engage ensuite à devoir pardonner (ou pas).

Ainsi la personne éprouvée peut penser endurer :
1. Une épreuve divine
2. Un châtiment divin
3. Une injustice humaine
4. Une attraction du malheur

 

Ainsi selon nos croyances, les conditions du moment et l’acte en lui-même, nous aurons tendance a penser que notre situation est due à :

– Une épreuve : à vivre et à dépasser, ainsi nous pensons que si cela nous est arrivé c’est qu’il y a une leçon a en tirer. L’exemple édifiant est celui de Nelson Mandela, qui subit un emprisonnement de 27 an avant d’en sortir, sans rancune et ayant la capacité et la crédibilité de mener son pays à la réconciliation avec le célèbre credo : « Je ne perd jamais soit j’apprends soit je gagne ».


– Un châtiment : ce dont nous sommes responsables.
Prenons un exemple : « si je suis malheureux au travail, c’est du fait que j’ai fait le mauvais choix de carrière »

Ainsi nous subissions un châtiment pour un choix, une faute commise auparavant, dans la stricte logique : action, réaction.


Dans un contexte morale, je pourrai citer l’exemple d’un fournisseur de confession juive qui ne voulait plus assurer sa prestation le Youm Kippour car une année auparavant, n’ayant pas respecté ce précepte, il dut connaitre des déboires professionnelles.


– Une injustice : dont nous sommes victimes, Nous ne méritons pas ce qui nous arrive, pourquoi Moi ? Ce monde est il juste ?


Une croyance délicate car nous n’entre voyons rarement la solution, celle-ci ne peut être envisagée car pensant ayant toujours agit de bonne foi et cela n’ayant pas aboutit a une « récompense » méritée, nous remettons en cause le sens de nos actions et nous devenons prisonnier de nos (sombres) pensées.


L’exemple du mauvais choix de carrière devient une injustice lorsque nous pensons que nous avons écouté les « préceptes » des parents et avons suivi leurs directives en pensant que cela serait un gage de réussite (ayant été des enfants bienveillant). Et c’est pourquoi bcp de parents hésitent aujourd’hui a imposer a leurs enfants des études)
Dans la situation de victimisation, la personne éprouvé reste prisonnière de cette posture … à tout épreuve. Cette incapacité à penser autrement devient une incapacité à agir.


– Une attitude induisant le malheur : par notre incapacité à penser « positif », nous sommes victimes de ce que « produisent » nos pensées. Ainsi, nous avons pu ces derniers temps, lu ou visualisé une littérature foisonnantes sur le pouvoir de nos réflexions.

 

Comment la sagesse nous propose de dépasser les malheurs ?

 

Patienter, méditer, le prendre avec philosophie, détachement et le mot qui revient souvent est le lâcher prise, et cela dans toutes les religions et sagesses.

Car si mal est présent, le perdurer n’est pas nécessaire, ainsi par exemple, pour Hegel, philosophe de la condition humaine, l’injuste constitue l’élément même au sein duquel le juste s’affirme et triomphe, ainsi le mal se révèle comme indispensable, car si le moment du déni du droit laisse apparaître l’injustice, il permet, par le bien, l’abrogation de celle-ci.

Nous avons besoin du mal pour le bien existe, dans les traditions extrême-orientales, le yin permet de comprendre le yang, le mal permet de comprendre le bien, l’injustice permet de comprendre la justice et permet de la réaliser.

L’article précédent passe en revue l’ensemble des positions des sagesses anciennes et récentes sur le pardon

 

Pourquoi la résilience n’opère pas ?

Dans les deux cas du châtiment, de l’injustice et de l’attrait au malheur, la victime, souvent inconsciemment, développe un sentiment de responsabilité.
La personne souhaite donner un sens à ce qui lui arrive et pense avoir une part de responsabilité. Cette prise d’ « inconscience » devient notre prison.
La « victime » développe le Why, outrageusement. Et n’actionne pas le How, l’action.
On n’en sort plus jamais.
Pire que cela.
Nous subissons la double peine, celle d’abord de subir une injustice et ensuite celle de subir l’attente que notre peine soit levée.
Et entre temps, nous trônons dans notre position de l’Homme Parfait supérieur moralement.

 

A cela, une citation de Paul Ricoeur est édifiante :

« Les hommes préfèrent toujours que leurs malheurs soient la conséquence d’une faute ou d’une erreur plutôt que d’accepter qu’il s’agisse d’un malheur absurde, simplement bête à en pleurer »

Nous voulons une explication logique à ce qui nous arrive or souvent cela nous dépasse.

 

Comment dépasser la pensée négative pour se créer une nouvelle espérance, une nouvelle vie, de nouveaux horizons ?

 

Ce que possédons est le présent (au sens propre et figuré) et c’est sur celui-ci que nous pouvons bâtir à chaque moment le « miracle » à venir.
Car lorsque nous sommes mordus par un serpent (ou avons subi une épreuve), la morsure nous fait souffrir bien évidemment. Par contre, celle-ci n’est pas mortelle.
Ce qui l’est est le poison et nous avons le choix de l’ingurgiter ou pas.

Le mérite du pardon est de couper court à toute recherche de conceptualisation des causes du malheur et donc à arrêter de s’empoisonner… la vie.

 

Nous marchons à contre sens : Nous avons été victime et contre toute attente, nous allons dépasser cet état de fait. Nous le transcendons. Nous nous transcendons.

Comment le pardon nous permet cette transcendance ? Ce sera l’occasion de le détailler dans un prochain article

 

 

Hassan Jaï

INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL & MBA, COFONDATEUR ET DIRIGEANT DE PLUSIEURS STRUCTURES DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION ET DE LA CONSTRUCTION, CONSEILLER AUPRÈS DE PLUSIEURS GROUPES ET ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES.

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