Nicolas Mel est formateur et coach en Prise de Parole & Communication, Auteur et Fondateur de l’organisme de formation SILENCE. Après plusieurs années de formation et d’entraînement, Nicolas Mel souhaite à son tour accompagner les autres pour vaincre la peur de s’exprimer en public et démontrer que l’art de s’exprimer n’est pas un don mais tout à la fois un sport, une compétence et un art qui s’apprennent.
Il a accepté de répondre à notre interview pour revenir sur son parcours et comment est-ce qu’il a réussi à dépasser la peur de s’exprimer en public pour se découvrir une passion et en faire son métier !
CNM : Nicolas Mel, vous êtes formateur et coach en Prise de parole et Communication. De prime abord, nous serions tenté de croire que prendre la parole devant une audience a toujours été un exercice naturel et facile pour vous, or il n’en est rien ! Pourriez-vous revenir pour nous sur le chemin parcouru pour manier l’art de la communication orale ?
Nicolas MEL : Bien sûr ! J’ai été extrêmement timide étant plus jeune. Je n’étais pas très à l’aise dès que je devais m’exprimer, du coup j’excellais pour écouter mes amis à l’école, au collège, à la fac ensuite à SciencesPo Paris ou à l’ENS. Au retour d’un voyage universitaire de huit mois en Afrique du Sud, j’ai décidé de me prendre en main et de me former à la prise de parole et à l’art oratoire. Ce qui me faisait peur est progressivement devenu un plaisir puis une passion. J’ai alors voulu aider ces personnes qui, comme moi, connaissaient les difficultés que j’avais connu.
CNM : Mais alors, quand et comment vous êtes-vous enfin senti légitime dans l’exercice de votre fonction de formateur et sortir du syndrome de l’imposteur qui pousse beaucoup d’entre-nous à ne jamais sauter le pas et exercer en confiance
Nicolas MEL : La pratique m’a beaucoup aidé ! Je n’ai pas attendu d’être légitime pour exercer. Outre les diplômes, je me suis rappelé que la seule personne qui pouvait me regarder dans les yeux et me dire que je n’étais pas légitime, c’était moi. De la même façon, la seule personne qui pouvait me penser légitime, c’était aussi moi. Agir avant de réfléchir (la fameuse règle des 5 secondes de Melania Robbins) m’a beaucoup aidé à dépasser la peur de ne pas être à la hauteur. Je ne me laissais pas le temps d’avoir peur !
CNM : Sciences Po, ENS, … votre parcours académique ne vous prédestinait pas vraiment à l’aventure entrepreneuriale, comment avez-vous trouvé votre voie ?
Nicolas MEL : C’est vrai. Mes expériences en cabinet de conseil et dans le secteur public ne m’ont pas beaucoup enchanté. J’ai beaucoup été inspiré par des mentors, je pense notamment à Cyril de Sousa Cardoso, spécialiste en stratégie d’innovation, qui m’a beaucoup influencé dans mon intérêt pour l’entrepreneuriat.
Un silence s’entend et peut rendre éloquent.
Nicolas MEL, Formateur et coach en Prise de Parole & Communication
CNM : Pourriez-vous nous en dire plus sur “Silence” ?
Nicolas MEL : Nous vivons dans un monde d’hyper-communication où le flux d’informations et de paroles distribué en temps réel se transforme en bruit ambiant. L’ambition de Silence. est de redonner à la communication ses lettres de noblesse : l’art de la mise en commun. Cela passe par redonner du sens à la parole en revalorisant l’importance et la puissance du silence dans notre communication.
Qu’il s’agisse de réfléchir à la formulation de son message, d’écouter activement ou même de convaincre son public, le silence est omniprésent dans chacune des étapes d’une communication réussie. Paradoxalement, un silence s’entend et peut rendre éloquent. D’où ce nom pour notre cabinet de conseil.
CNM : Quelle est l’importance d’un accompagnement professionnel pour gagner en éloquence et maîtriser la prise de parole en public, aussi bien dans des contextes professionnels que personnels ?
Nicolas MEL : Un accompagnement professionnel en prise de parole en public est d’abord un accompagnement personnel : c’est un travail en profondeur d’introspection sur ses croyances qui respecte la personnalité de l’apprenant.
C’est aussi un travail technique, qui permet de monter en compétences et de développer aisance et plaisir dans des situations d’interactions professionnelles (échanges avec ses supérieures, réunions professionnelles, afterworks) et de ne pas laisser passer de belles opportunités.
CNM : Quels conseils pratiques donneriez-vous à nos lecteurs pour vaincre la peur, la frustration ou encore la crainte constante d’être jugé lors d’une prise de parole en public ?
Ce type de craintes se travaille de manière efficace dans le cadre d’un coaching. Lors de nos coaching SILENCE., on utilise à cette fin la méthode de la restructuration mentale en trois temps :
- Premier temps, on identifie la croyance dysfonctionnelle de l’apprenant. Par exemple « les autres vont me juger » ; « ils vont me regarder et voir tout ce qui ne va pas ». Ces croyances ne sont pas nécessairement fausses mais jugées dysfonctionnelles car elles sont contreproductives.
- Dans un second temps, on remplace cette croyance par une autre, qui respecte trois critères : utilité, crédibilité et engagement émotionnel.
Par exemple, « le regard des autres n’est que mon propre regard de moi-même que je projette chez les autres ». Ainsi, ce qu’on appelle « le regard des autres » n’est en vérité que mon propre regard sur moi-même, que j’attribue aux autres.
Enfin, on fait passer ce mantra à un niveau inconscient par la méthode de la répétition espacée.
C’est assez difficile seul, et un échange avec un coach peut faciliter le travail de la restructuration mentale.