La crise du confinement : Le chemin à faire-part 1/2

Un faisceau de facteurs provoquent les crises, l’objectif de mon article n’est pas de revenir sur les causes, mais de partager avec vous ma vision sur comment la vivre, pour mieux s’en sortir.

Ce que nous vivons occupera, dans l’avenir, une grande place dans les livres d’histoire. Une chose est sûr e: il y aura un avant et un après Corona. Elle n’est pas uniquement une crise sanitaire qui a généré une crise économique. Loin de là : c’est une crise systémique multicanal, multi-cause, multi-effets. Une crise qui démontre la fragilité de l’édifice.

Un «live» jamais égalé

La crise actuelle défie les pronostics par sa fulgurance et sa puissance. Elle a, en si peu de temps, mis à mal l’ordre établi. C’est un «live», pour emprunter aux whyers l’un de leur mode de communication le plus prisé. La crise ébranle, de fait, nos certitudes et nos croyances, que nous avons mis toute une vie pour les écrire, les peaufiner, les renforcer, les marketer et les défendre.

« La crise actuelle défie les pronostics par sa fulgurance et sa puissance est un ‘live’»

Un «live» jamais égalé

Nos certitudes et nos croyances sont les remparts derrière lesquels nous nous blottissons et sentons en sécurité. Avec toute crise et, encore plus l’actuelle, nous nous sentons démunis. Nous nous rendons compte que l’œuvre d’une vie, parfois de toute une société, est en train de se fissurer. Des brèches se creusent. Nos remparts craquellent.

Et c’est ce qui nourrit nos peurs et nos angoisses. Il est, donc, humain et légitime d’avoir peur. Dire qu’on n’a pas peur est, pour moi, non-normal. Il est, donc, humain et légitime de chercher à se protéger. Certains le feront en faisant des stocks de nourriture. D’autres en achetant de médicaments. D’autres en se barricadant chez eux, comme moi en ce moment. Chacun de nous réagira au danger, selon son protocole personnel. Car il y a un grand danger pour l’humanité toute entière. «Nous sommes en guerre,» avait répété six fois Emmanuel Macron, président de la France, dans son allocution. Par protocole, j’entends notre façon intra-personnelle, donc propre à chacun de nous, pour réagir aux émotions fortes.

« Il est humain et légitime d’avoir peur. Dire qu’on n’a pas peur est, pour moi, non-normal »

Que faire alors ?

Encourager la panique ? Ou la dénigrer ? Ni l’un, ni l’autre. Mais, plutôt, comprendre les soubassements de cette peur. Et, SURTOUT, rassurer. Les autorités marocaines ont fait un excellent travail pour garder, constamment, le contact avec les citoyen/nes. Les communiqués sont diffusés à toute heure de la journée et de la nuit. Les communiqués écrits ou audio-visuels sur la disponibilité des denrées alimentaires ont, justement, pour objectif de rassurer les citoyen/nes, proies à ses peurs.

Encore, toujours pour maintenir une communication claire et directe avec les citoyen/nes, les autorités marocaines mobilisent des équipes d’experts pour travailler, jour et nuit, pour débusquer les fakenews, qui perturbent le contact établi. Et d’informer les citoyen/nes de la situation. Les 20 inculpés mis sous les verrous est une excellente nouvelle pour montrer qu’elles maîtrisent la situation.

La communication est le meilleur «pare-crise». D’ailleurs, c’est ce que font les autorités marocaines, via les chaînes nationales, et les reportages de proximité où la parole est donnée aux citoyen/nes et/ou aux responsables pour tenir informer la population du déroulement des opérations. Et, bien entendu, les rassurer.

Émotions en branle

Il y a lieu de reconnaître que l’humanité vit, avec cette crise, une situation émotionnelle unique. Ramenée à l’«échelle Richter» des émotions, nous vivons une situation dépassant, largement, la limite de 9°. Pour notre cas au Maroc, nous avons vécu, d’abord, cette inquiétude de loin, par les informations qui nous venaient de Chine. “La Chine est un pays loin.” s’est-on, tous, dit. Inconsciemment, l’être humain a tendance à penser que “ça n’arrive qu’aux autres”. Une autre certitude pour nous sentir en sécurité. Puis, nous avons vécu, en spectateurs compatissants, sa propagation dans les pays limitrophes de Chine. Puis, en spectateurs inquiets, sa propagation dans les pays du pourtour méditerranéen. Et finalement, chez nous. 1er cas dépisté. Puis 2ème. Puis fermeture des écoles. Puis confinement.

A chaque étape, notre peur augmente de plusieurs crans, car nous faisons face à un phénomène qui a mis à plat toutes nos certitudes. Un «reset» pur et simple.

« Avec cette crise, nous avons vécu une situation émotionnelle unique dépassant l’‘échelle Richter’»

Positive attitude

La pensée positive aide à redémarrer et recharger les batteries pour tenir le coup. Il est, donc, recommandé de garder un état d’esprit positif. L’appel du ministère de la santé de se trouver chaque jour à 19h est un moyen judicieux pour garder le contact et l’espoir en un lendemain meilleur de façon ludique et responsable. Les vidéos circulant montrent la complicité des citoyen/nes et des autorités.

Changement d’allure

Personnellement, j’apprécie ces moments d’inflexion. Car ils sont, paradoxalement, porteurs de la peur de l’inconnu et des éléments de la solution de sortie.

En mathématiques, précisément en analyse et en géométrie, un point d’inflexion est un point qui représente le changement de concavité d’une courbe plane. Si on arrive à déterminer le point d’inflexion d’une courbe, on peut, facilement, représenter son allure.

Nous aussi les êtres humains, nous passons, durant notre vie, par plusieurs points d’inflexion: crise d’adolescence, crises professionnelles, crise des la trentaine, crise de middle-age, crise de la cinquantaine, crise causée par des pertes (d’un être cher ou d’une chose). En moyenne, chaque décennie apporte son lot de turbulences.

Précisons, toutefois, que l’être humain sort des crises comme il y est rentré. S’il aborde cette crise, quelle qu’elle soit, par le déni et le refus d’assumer ses responsabilités, il en sort amoindri. Si, par contre, il l’aborde avec conscience et courage, il en sortira plus fort. C’est cela la résilience. La résilience d’une personne, d’une équipe, d’une entreprise ou d’une nation.

La résilience est notre capacité à rebondir après avoir frôlé le fond. Acomposer avec la difficulté, la crise, et à l’utiliser comme tremplin pour rebondir plus haut.

Crise, un tremplin

La résilience, c’est quoi ? C’est notre capacité à rebondir après avoir frôlé le fond. Dit autrement, c’est notre capacité à composer avec la difficulté, la crise, et à l’utiliser comme tremplin pour rebondir plus haut. En chinois, la vocable crise est formé par deux idéogrammes, le premier signifie danger et le second opportunité.

Dans la crise, il y a, donc, deux choses concomitantes: la face sombre avec son cortège de turbulences. Et l’autre face, que nous négligeons très souvent. Celle porteuse de solutions de sortie.

(Lire partie 2 de l’article)

NEZHA HAMI-EDDINE ECHAIRI

Coach certifiée, formatrice et consultante en communication en entreprise et en promotion à l'international, spécialisée dans le développement des compétences et du leadership féminin

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