Dans son ouvrage intitulé Les intelligences multiples, Gardner se révolte contre l’approche unidimensionnelle de l’intelligence symbolisée par une intelligence générale et propose une nouvelle conception de l’intelligence humaine en distinguant sept formes d’intelligence.
Aujourd’hui et après dix-neuf ans, rien n’a changé….
En 2001, j’ai eu l’occasion de faire un exposé, devant des professionnels de l’enseignement, sur Les intelligences multiples, d’Howard Gardner. Je me suis arrêtée sur chacune des intelligences citées dans l’ouvrage et l’auditoire était fasciné par cette théorie. Je me rappelle que pour conclure, j’avais parlé des perspectives que peuvent ouvrir ces intelligences et le devenir de l’enseignement dans mon pays, après l’adoption de cette théorie. Aujourd’hui et après dix-neuf ans, rien n’a changé et je me retrouve en train de feuilleter le même ouvrage et de caresser un rêve qui apparemment, n’est pas encore prêt à se réaliser…
Qui est derrière la théorie des intelligences multiples ?
Howard Gardner est un psychologue cognitiviste et professeur de neurologie à la faculté de médecine de Boston. Dans son ouvrage intitulé Les intelligences multiples, Gardner se révolte contre l’approche unidimensionnelle de l’intelligence symbolisée par une intelligence générale et propose une nouvelle conception de l’intelligence humaine en distinguant sept formes d’intelligence. En 2004, Howard Gardner a fait une mise à jour de son ouvrage, il a rajouté, alors, une huitième intelligence, l’intelligence naturaliste.
Gardner a démontré que le test du quotient intellectuel qui sert à définir les aptitudes humaines n’explore qu’un éventail restreint d’intelligences : les capacités langagières et les capacités logico-mathématiques, c’est-à-dire essentiellement des capacités d’abstraction.
Nous possédons tous potentiellement, huit formes d’intelligences.
« En fractionnant l’intelligence en plusieurs facettes, je crois que j’aide les gens à mieux définir ce qui est important selon les cas. Si vous prenez dix métiers différents dans notre société, chacun réclame probablement des combinaisons différentes d’intelligences. Je ne crois pas qu’Einstein aurait pu être Mozart, ou que Mozart aurait pu être Pierre Curie. Leurs capacités étaient d’ordres différents » Howard Gardner
-L’intelligence langagière : reconnue par l’amour du langage et de la parole, elle est particulièrement développée chez les écrivains, les hommes politiques, les orateurs…On la reconnaîtra chez quelqu’un qui a de la facilité à s’exprimer et à raconter des histoires.
-L’intelligence logico-mathématiques : elle se traduit par une forte puissance dans les habiletés en résolution de problèmes et en mathématiques, elle est développée chez les mathématiciens, les ingénieurs, les scientifiques, les enquêteurs et les juristes.
-L’intelligence spatiale : on la reconnaît par une forte mémorisation, elle est particulièrement développée chez les paysagistes, les architectes, peintres et metteurs en scène.
-L’intelligence kinesthésique : on la reconnaît par le désir de bouger, d’utiliser son corps d’une manière fine et élaborée. Elle est très développée chez les athlètes, les danseurs, les dentistes, les mécaniciens. Si cette capacité n’est pas assez développée, l’enfant comme l’adulte risquent de ressentir leurs corps comme une gêne.
-L’intelligence musicale : on la reconnaît par l’amour de faire de la musique, de produire des sons. Elle est bien sûr développée chez les musiciens et les personnes qui ont de la facilité à apprendre les autres langues. On reconnaît cette intelligence chez quelqu’un qui fredonne souvent, qui bat du pied et se met à danser sur le moindre rythme.
-L’intelligence interpersonnelle : on la reconnaît chez quelqu’un qui a beaucoup d’amis et qui a de l’aisance à se faire des connaissances et qui aime jouer au médiateur. On la reconnaît aussi chez quelqu’un qui aime parler et influencer. Cette intelligence est très développée chez les conseillers, les poètes, les politiciens, les formateurs et les vendeurs. Quand cette capacité est peu développée chez une personne, elle trouve du mal à rentrer en contact avec les autres et à tirer profit du travail en groupe et en équipe.
-L’intelligence intra personnelle : on la reconnaît par une bonne connaissance de soi-même et de ses capacités. Elle est très développée chez les écrivains, les philosophes, les sages. On reconnaît cette intelligence chez quelqu’un qui a une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses. Si cette capacité n’est pas assez développée, on a du mal à tirer parti de ses propres expériences et à se tracer des buts et des objectifs.
-L’intelligence naturaliste : elle consiste à discriminer et à classifier des connaissances sur l’environnement naturel, en l’occurrence les végétaux, les animaux…Les personnes chez qui cette forme d’intelligence est développée aiment prendre soin des animaux et des plantes et prennent note de tout ce qu’elles observent ; ces personnes sont très liées à la nature.
La théorie des intelligences multiples est une théorie simple et facile et se présente comme une solution contre l’échec scolaire des élèves moins performants en matières logico-mathématiques et linguistiques ; cependant, la théorie des intelligences multiples est peu crédible par la science, car elle évalue l’individu isolément et à la base de quelques compétences.
À présent, je suis convaincue qu’adopter la théorie des intelligences multiples dans notre société, est de l’ordre de l’utopie ; un tel projet demande un travail en amont et en aval, car ça suppose la création d’autant d’écoles que d’intelligences, en plus de la formation des formateurs. Mais au-delà des ressources allouées, il y a beaucoup à faire au niveau des mentalités.








