Quand la peur l’emporte !

Comprenons que derrière tout acte violent, il y a une blessure réveillée…Nous assistons à l’installation d’un cercle vicieux où les relations humaines sont en souffrance.

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Les coachs qui ont l’expérience du coaching d’équipe vous le confirmeront. Aujourd’hui, il ne suffit plus de réussir le recrutement en terme de compétences professionnelles et de qualités humaines pour que le travail en équipe fonctionne. En effet, la plupart des entreprises ne sont plus des lieux structurants pour tous. Malheureusement, ils sont devenus des lieux de compétition destructive. Aujourd’hui, il y a  un besoin grandissant dans les différents types d’organisations de développer la capacité à vivre ensemble. C’est ainsi que beaucoup de coachs sont en train d’accompagner les équipiers pour qu’ils puissent travailler dans une réelle différence et cultiver le plaisir de vivre.

Qu’est-ce ce qui arrive à nos ressources humaines ?

Des blessures et des besoins obsessionnels…

Toutes les formes de violence ont un dénominateur commun. Elles s’installent en réponse à l’impuissance et à la peur. Ce sentiment refoulé, dû généralement à des violences subies, est générateur de mal être et fait qu’on oublie la bonne manière de faire.

Quand la passion devient folie…

Dans un environnement déstabilisateur où la peur prend le dessus, la passion évolue parfois vers une sorte de « folie ».

Des scénarios comme le suivant sont fréquents : 

Adil avait subi petit des blessures de maltraitance de la part de sa belle mère. Il a développé donc au fil des années un besoin obsessionnel de sécurité et de protection. Aujourd’hui, il est cadre dans une entreprise et il est passionné par le pouvoir. Ainsi, il est toujours prêt à tout faire pour gravir vite les échelons hiérarchiques. Car le pouvoir est pour lui le meilleur garant de la sécurité. Dans un climat de stress et d’urgence, cette passion se transforme en folie. Adil se comporte avec ses collaborateurs avec autoritarisme… en dictateur.

Des sensibilités qui jouent de nous…

Observez avec moi ce cas :

A l’âge adulte

Amina, une jeune femme très instruite, responsable de la communication dans une multinationale, a souvent à présenter ses projets devant les membres du conseil d’administration. Son collègue, le directeur financier, interrompt souvent ses speechs pour lui faire des remarques. La jeune dame se sent tellement mal à l’aise qu’elle réagit avec agressivité à ses propos et prononce même à son égard certaines expressions dévalorisantes.

Pendant l’enfance

Si nous revenons une vingtaine d’années en arrière, nous allons voir une petite fille assise sur le banc de l’école. Elle regarde, les larmes aux yeux, sa copie pleine de traces de stylo rouge . Le maître avait l’habitude d’exprimer sa déception face aux fautes commises par ses élèves avec de grandes croix et des ratures. Notre amie a donc développé une sensibilité au jugement et à la dévalorisation. Elle ne supporte plus les critiques et y réagit violemment.

Le coaching permet justement de conscientiser ce genre de sensibilités pour qu’elles ne “jouent” plus de nous.

Des clans et des masques…

Face à, la peur, il y a une tendance à former des clans dans les entreprises et designer des boucs émissaires. Certains pour s’en sortir prennent des positions de rébellion ou de soumission.  D’autres préfèrent les masques sociaux d’adaptation . Il y a celui qui fait l’intéressant, le méchant, le bête, le clown, le sûr de lui, le provocateur, l’arrogant, le manipulateur ou le séducteur. (Cela vous rappelle-t-il quelqu’un ?!)

Des relations professionnelles malsaines

Ce qu’on constate malheureusement aussi c’est que l’agressivité verbale commence à faire partie de la spontanéité de certains. D’autres, par peur de blesser ou par peur d’être inadéquats prennent sur eux et avalent leur colère jusqu’à l’épuisement (bonjour le brun out !)

Ce qui mène aussi à ces relations professionnelles malsaines, c’est le manque de confiance qui s’installe. Ainsi, la rétention de l’information est un acte violent courant. L’absence de la reconnaissance est mal vécue aussi. C’est une forme de rejet. L’autre est exclu et son travail est ignoré.

Et n’en parlons pas des milieux scolaires…

Beaucoup de choses sont à dire sur la santé psychosociale dans les écoles marocaines primaires et secondaires qu’elles soient publiques ou privées.

Un cercle vicieux…

J’ai eu personnellement à animer en tant que parent déléguée un meeting sur le thème de la violence. Différentes causes et manifestations des violences y ont été évoquées. J’ai eu aussi l’occasion d’assister à des conseils de discipline tenus suite au comportement inadéquat de certains adolescents.

Des enseignants blessés

Une fois, une enseignante s’est mise à se plaindre de l’opposition d’un élève. Ce dernier lui a en effet demandé s’il pouvait ne pas participer à certaines activités qu’elle proposait bénévolement. Elle paraissait si touchée en en parlant. Elle s’est sentie apparemment rejetée et ses bonnes intentions n’étaient pas reconnues.

Des élèves violents envers eux mêmes…

Ce même adolescent savait pendant le déroulement du conseil de discipline qu’il risquait une punition sévère parce qu’il avait agressé verbalement le chauffeur de l’autocar. En même temps, il n’a pas ouvert la bouche pour évoquer l’agressivité physique dont il a été lui-même victime de la part de l’enseignante des mathématiques. Il était donc violent aussi envers lui-même.

Des victimes et des persécuteurs…

Apparemment, l’école est devenue aujourd’hui un terrain de jeux psychologiques où chacun est à tour de rôle victime et persécuteur.

Il y a d’un coté, les enseignants qui reçoivent beaucoup de critiques de la part des parents et de la hiérarchie. Ils sont même victimes d’agressions verbales et physiques de la part de leurs élèves. Parfois ils se font eux-mêmes violence en se jugeant responsables de certaines situations d’échec scolaire. Certains d’entre eux sont désignés comme boucs émissaires de la part de leur collègues. J’ai assisté à un cas où les vacataires étaient pointés du doigt par les titulaires. Ils n’avaient pas à leur avis un sentiment d’appartenance à l’école !

D’un autre coté, cette impuissance se traduit chez certains enseignants par de l’autoritarisme et l’adoption d’un langage de destructivité.

 

C’est un cercle vicieux ? Ça vous paraît interminable ? Croyez moi toute cette violence ne disparaîtra qu’une fois les peurs calmées et tous les acteurs rassurés.

MANAL BENJELLOUN

Webjournaliste, Coach professionnelle certifiée et Formatrice en discipline positive, spécialisée en gestion de conflit,lauréate de l'Institut Supérieur de Commerce et d'Administration des Entreprises

1 Comment
  1. Très instructif.
    Je me suis retrouvée dans celle qui a refoulé sa colère pendant des années jusqu’à frôler le burnout. Hamdoulillah Dieu a mis les bonnes personnes au bons moments sur ma route pour m’éclairer. Topissime 🙏😘

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