Si le coaching m’était conté… – part 2

Depuis la nuit des temps, l’histoire se répète. Les quêtes humaines sont les mêmes, tout comme leurs difficultés.

Si le coaching m’était conté

Le coach, met lui aussi toute sa confiance dans le potentiel de son client à devenir meilleur ! La rigueur et la morale de Kant,ainsi que son rapport à l’espace et au temps, sont des similitudes avec les interventions de coaching. Ces interventions invitent le coaché à être dans l’ici et le maintenant. Elles se réalisent avec professionnalisme et respect des valeurs humaines fondamentales.

Hegel véritable maitre de la dialectique, travaille sur l’analyse des dialogues et révèle la « méta communication », outil indispensable du coaching. Philosophe du système, il s’efforce de comprendre le tout à travers toutes ses manifestations, tout comme le coach utilise l’analyse systémique dans son approche des organisations.

La vie de l’homme dans la société avec toutes les contraintes qui lui sont imposées, pousse Auguste Comte à faire naitre la sociologie et à étudier les phénomènes de cohésion sociale pour mieux vivre ensemble. Schopenhauer critique, bien avant notre société de consommation, le désir sans fin, en quête perpétuelle de satisfactions éphémères. Il donne à la notion de « volonté » une force essentielle, utilisée dans l’accompagnement du changement en coaching.

De même Soren Kierkegaard nous dit qu’exister c’est devenir, c’est changer, c’est se transformer. Pour lui, la vie n’est qu’une succession de possibilités qui s’offrent à nous, et ces choix doivent être guidés par le sens que nous voulons donner à notre existence. « Deviens ce que tu es » ; repris par Nietzsche, est un formidable slogan de la volonté de construire un avenir sur des valeurs personnelles fortes, et d’aligner ces valeurs avec nos comportements et nos choix. Sigmund Freud révèle que l’homme est étranger à lui-même, et que nous devons nous efforcer de l’être de moins en moins pour atteindre l’autonomie, s’accomplir dans ses relations à l’autre et s’accomplir d’un point de vue collectif et social. Bien que le terrain de la psychanalyse soit plutôt orienté passé et que celui du coaching soit plutôt orienté futur et solutions, leurs approches ont des similitudes.

Bergson va mettre en lumière les notions de durée, de mouvement et d’intuition, déclarant ainsi que la vie est une évolution créatrice. Ne pas attendre un lendemain, mais créer un avenir. Heidegger, déclare que ce n’est pas à partir du présent qu’il faut penser le temps, comme une suite de maintenant. Nos horizons ne doivent pas être limités par une vision trop courte. Par son accompagnement et sa bienveillance, le coach permet de regarder plus loin et d’envisager de nouveaux chemins avec sécurité. Jean-Paul Sartre nous rappelle que nous vivons dans un milieu que nous n’avons pas choisi, mais qui nous permet d’exister. Face à ces multiples possibles nous avons toujours le choix, même celui de résister ou de ne rien faire. Une liberté pas facile à assumer. Il est alors rassurant d’être accompagné pour avancer ; c’est là le cœur du coaching. Pour Sartre « l’enfer c’est les autres » (Huis clos) et la rencontre avec l’autre peut être source de conflits potentiels.

L’alliance entre coach et coaché est un état relationnel très particulier qui permet un échange sans masque et en toute confiance vers de nouveaux possibles. Lévinas, va plus loin, puisqu’il met dans ce face à face, un sens qui est celui de la responsabilité à l’autre. Cette responsabilité est bien présente dans une relation de coaching. Le coach n’est pas responsable des choix de son client, seulement des moyens mis en œuvre, et du processus permettant de faire ces choix, en pleine conscience de soi, de son environnement et des enjeux. Wittgenstein nous enseigne que parfois la solution réside dans une nouvelle manière de vivre. C’est en cherchant à cerner au mieux où se situent les problèmes, que le coach est poussé à proposer un autre regard sur les difficultés et à les intégrer dans une réflexion plus large, sur la manière de vivre, et du sens donné aux solutions envisagées. Si des paramètres essentiels dans une intervention de coaching est la volonté de changement du coaché, Bachelard pense que les obstacles et les préjugés qui nous empêchent d’avancer ne sont pas extérieurs, mais intérieurs à nous.

Les quêtes humaines sont les mêmes, tout comme leurs difficultés. L’homme doit dealer, avec toutes ses faiblesses, ses contradictions, ses angoisses, sa crainte du changement, et sa peur de l’autre. Mais aussi, l’homme est riche de toutes ses forces, ses valeurs, son intelligence, son potentiel, sa volonté de mieux faire et de mieux être.

Finalement en s’intéressant à l’histoire et aux motivations d’hommes qui ont marqué leur époque, à leur sagesse et à leurs réflexions par rapport aux humains, il est étonnant de constater que depuis la nuit des temps, l’histoire se répète. Les quêtes humaines sont les mêmes, tout comme leurs difficultés. L’homme doit dealer, avec toutes ses faiblesses, ses contradictions, ses angoisses, sa crainte du changement, et sa peur de l’autre. Mais aussi, l’homme est riche de toutes ses forces, ses valeurs, son intelligence, son potentiel, sa volonté de mieux faire et de mieux être. Alors me direz-vous, les coachs d’aujourd’hui n’ont rien inventé. De l’antiquité à aujourd’hui, philosophes, sages, maitres spirituels, coachs n’ont eu de cesse de questionner et remettre en question leurs contemporains, de les accompagner dans leur désir d’épanouissement, avec des enjeux souvent très concrets et en s’efforçant de remettre du sens là où il était perdu. Les méthodes comme les approches n’ont que peu changées, les questionnements, les reformulations et les recadrages, découvrir un autre sens derrière les mots, lever les ambigüités pour aller au-delà du langage.

Un accompagnement éthique basé sur l’écoute de l’autre et l’expérience de l’autre. Même si la pratique d’un « mode relationnel coaching » existe depuis la nuit des temps, il n’est devenu un métier qu’à la fin du 20iè siècle. Tout d’abord étymologiquement, le mot « coach » est un mot anglais ( to coach, entraîner, préparer, accompagner, motiver ) dérivé du mot français « coche », lui-même dérivé du mot hongrois « kocs » pour désigner une diligence. Ainsi le cocher, installé aux rennes de la conduite, est là pour assurer le voyage, la transition d’une personne qui part d’un point A et qui manifeste le souhait ou le besoin de se rendre à un point B. Le coaching s’est d’abord fait connaître grâce au milieu sportif où le coach joue à la fois un rôle d’entraineur, de motivateur, et de révélateur de potentiel tout en étant un gardien d’une hygiène de vie saine et cohérente avec le sport exercé. Le terme coaching ainsi d ‘abord associé au milieu sportif fait son apparition dans les pays anglo-saxons. On retrouve des écrits qui indiquent que le coaching serait né à Harvard dans les années 70’.

Timothy Gallwey, professeur de littérature anglaise et capitaine d’une équipe de tennis prône l’importance du mental dans le sport. Il est l’auteur d’un livre « The Inner Game of Tennis » livre ayant pour objet l’art de surmonter le doute personnel, la nervosité et la perte de concentration. Le coaching, du moins dans sa forme embryonnaire, serait né.

Plus tard en France dans les années 80 Vincent Lenhardt sollicité à ses débuts par les cadres dirigeants désireux de bénéficier des techniques sportives à la préparation mentale des « champions » transpose en entreprise le concept du coaching sportif. Depuis, le coaching a gagné petit à petit toutes les strates hiérarchiques de l’entreprise jusqu’à son expansion aujourd’hui vers le grand public.

On ne peut parler de coaching sans nommer Thomas J. Leonard un pionnier du développement personnel et du coaching professionnel. Il devient un des plus grands noms du coaching aux États-Unis et dans le monde, à l’origine du programme Coach U, il fonde Coachville, le plus grand réseau et organisme de formation de coachs dans le monde. En véritable visionnaire Thomas J. Leonard sera en 1994 cofondateur de l’ICF ( International Coach Federation ) et sera considéré comme le père du coaching professionnel moderne. Ainsi j’aime à rappeler, que notre métier n’est pas une mode mais qu’il a une histoire, et que de grands penseurs, ont semé depuis longtemps déjà les graines de ce que nous récoltons aujourd’hui dans le quotidien de notre travail. L’inconscient collectif est porteur de leur mémoire et j’ai envie de nous inviter, nous les coachs, à nous y référer.

Le coaching appelé à perpétuer des traditions, conserve toute sa noblesse. Il peut aujourd’hui être considéré comme un vrai métier, pour lequel on peut se former, en école, en institut, ou à l’université et ainsi affirmer sa crédibilité. Exercé dans les règles de l’art, le coaching offre un espace précieux de rencontre pour révéler en chacun le privilège d’être soi.( lire part 1)

CATHERINE PRUVOST

Fondatrice et Directrice Espace HUMANITUM, un libre espace d'évolution. Maître enseignante en PNL,Coach Sénior et formatrice de Coachs, animatrice de constellations familiales, superviseur, oeuvre au quotidien pour accompagner l'humain à la réconciliation intérieure, la guérison des cœurs et l'éveil des consciences.Auteure du programme Master Coach

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