Si le coaching m’était conté… – part 1

Le coaching, cette profession dont on entend parler de plus en plus, qui peu à peu s’inscrit dans les habitudes populaires n’est pourtant pas née de la dernière pluie !

Nombre de littératures raccordent l’origine du coaching à la pensée de Socrate, ce philosophe grec qui préférait la parole aux écrits, et à qui nous devons le célèbre adage « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Vincent Lenhardt nous rappelle que « Le coaching s’inscrit dans une longue tradition d’accompagnement que l’on peut faire remonter au moins jusqu’à Socrate, père de la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits. » Alors Socrate et sa singulière manière de dialoguer, basée sur des questionnements, et sur des recadrages, serait le père du coaching.

Oui, tout au long de son existence Socrate semble s’être donné pour mission d’empêcher ses concitoyens de vivre leur vie sans jamais se poser de questions. Lui-même prétendait ne rien savoir et s’offrait la permission de remettre les choses en question. Il imposait la nécessité de s’ouvrir, de ne pas se laisser asservir, et d’orienter son esprit vers des vérités supérieures. Pour être en mesure de côtoyer Socrate il fallait avoir fait un certain travail sur soi, ou être ouvert à l’initier, et être très enclin à se remettre en question. Sa façon d’être en relation, sa posture étaient très inhabituelle. Il n’imposait rien, remettait en question, savait stopper l’autre dans son discours, semait le doute, questionnait, affirmait que la personne savait, ou qu’une partie d’elle savait. Il avait une formidable façon de conduire un entretien dans lequel il ne révélait pas la faiblesse ou l’incohérence de l’autre mais dans lequel il réussissait à l’amener à s’en rendre compte par lui-même et à le conduire à rechercher sa propre vérité tout en exigeant rigueur et cohérence.

Ainsi, le dialogue socratique se révèle être une recherche à deux de la vérité. Puis au fil des siècles, philosophes, maîtres à penser, guides spirituels, confesseurs, pygmalion, mentor, éducateurs, ont eu à jouer un rôle d’éveilleurs de conscience, en pratiquant ce que l’on pourrait à posteriori appeler peut-être du coaching. Il y a eu Épicure qui fonda Le Jardin, une école philosophique ouverte aux hommes et aux femmes, aux adultes et aux enfants, aux esclaves comme aux hommes libres, dans laquelle il enseigne la discipline du plaisir, savoir se contenter, profiter et être heureux de ce que l’on a. Il place naturellement avant tout le bonheur de l’individu. Pour lui, être heureux c’est voir la réalité du monde coïncider avec ses désirs les plus profonds. Selon lui, il faut bien convenir que nous ne pouvons pas vraiment espérer changer le monde, mais nous pouvons certainement modifier notre vision du monde, changer nos perceptions, revoir notre manière de penser, afin d’influencer le monde autour, et de là, le comprendre et y vivre mieux. Il nous dit, qu’au milieu des nécessités matérialistes existe une grande place pour la liberté, que cette liberté nous appartient et que nous devons la saisir.

Sénèque pourrait aussi être considéré comme un des pères du coaching. Dans ses écrits il encourage son lecteur à se détacher de ses biens et à s’orienter vers des réflexions plus élevées. Il proposait de distinguer ce qui dépend de nous, et ce qui n’en dépend pas, sachant que seule la volonté morale dépend absolument de nous et peut suffire à nous rendre heureux. Il invitait à la contemplation de l’harmonie, à relativiser les biens inessentiels pour admirer la beauté de l’ordre des choses. Jésus nous invite, lui aussi à sa façon, en eau profonde, dans notre propre vérité, à prendre conscience que cela ne se trouve pas en dehors de nous mais bien à l’intérieur. Il encourage ses disciples à dépasser les peurs qui les empêchent d’avancer, et à faire confiance.

Jésus demandait dans les béatitudes, « dis moi, pour toi où est le vrai bonheur ? » cela ne ressemble t-il pas aux quêtes que l’on croise aujourd’hui dans les séances de coaching. Et les autres … ( références tirées du site Initium Coaching ) Platon nous conseillait de sortir de notre caverne, pour ne plus être prisonnier de nos illusions et des apparences, afin de mieux saisir le réel. Aristote apporte du pragmatisme à la philosophie et ne voit pas dans le changement une imperfection du monde mais une raison d’être, et une opportunité d’évolution. Montaigne insiste sur la place de l’homme et l’impérieuse nécessité de le remettre au centre de tout discours.

Descartes avec son fameux « je pense, donc je suis » donne à l’homme une confiance pour s’approprier le monde, à la condition qu’il le fasse avec méthode et raison. Leibniz nous dit qu’en chacun de nous existe une force intérieure à exploiter, qu’être libre c’est être conforme à ce que nous sommes, et que cela suppose des sacrifices et des deuils, pour atteindre la vraie liberté, qu’il nomme « autonomie ». Spinoza insiste sur les illusions, qui ne sont que des confusions entre nos désirs et la réalité, ou encore une forme de croyance que l’on prend pour une connaissance. Il invite à un nettoyage des lunettes à travers lesquelles, nous regardons le monde et les autres.

Blaise Pascal nous parle du cœur de l’homme et de ses raisons que la raison ne connait pas. Si le coach écoute son client avec ses oreilles, il l’écoute aussi avec son cœur en totale alliance. David Hume nous dit que le soleil se lèvera bien demain et que dans nos actions quotidiennes nous avons besoin de nos croyances pour agir, qu’elles portent nos valeurs et qu’elles donnent un sens à notre vie. Ceci est bien la ligne directrice de toute intervention de coaching individuel. Rousseau pense que l’homme n’est pas un animal comme les autres. Perfectible, il a la capacité d’évoluer, de développer des capacités, des connaissances, et des outils. (lire la suite part 2)

– Catherine PRUVOST, Coach Professionnelle et formatrice de coachs, auteure du programme Master Coach
CATHERINE PRUVOST

Fondatrice et Directrice Espace HUMANITUM, un libre espace d'évolution. Maître enseignante en PNL,Coach Sénior et formatrice de Coachs, animatrice de constellations familiales, superviseur, oeuvre au quotidien pour accompagner l'humain à la réconciliation intérieure, la guérison des cœurs et l'éveil des consciences.Auteure du programme Master Coach

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