Soyez vigilants, ces comportements sont violents !

Nous sommes de plus en plus conscients que la violence n’est pas que physique. Elle peut prendre d’autres formes, peut être plus graves, comme l’abandon, le jugement, la chosification ou la culpabilisation.

Je me souviendrai toujours de cette amie qui sortait toujours très contente de chez sa coach jusqu’au jour où cette dernière a baillé alors que non amie lui parlait. Elle a juré de ne plus remettre le pied chez elle tellement elle s’est sentie humiliée. 

Carton rouge pour le coach “désintéressé” et pas suffisamment “présent” !

Quand certaines situations vécues en coaching paraissent au coach comme ennuyantes, banales ou  insignifiantes….quand la répétitivité l’agace… quand il a l’impression de par son expérience qu’il connait déjà ce qui se passe chez l’autre…quand il sent l’impuissance devant certaines problématiques…quand  intérieurement, il se moque ou se fâche car son coaché n’évolue pas comme il le souhaite pour son image et sa valeur à lui …Bref, quand il n’est pas à l’aise avec ce genre de malaises, il risque de montrer son désintérêt ce qui pourrait être violent a l’égard du coaché. Il suffit de quelques signes non verbaux comme le  regard ou la posture du corps pour que le coaché se sente vraiment humilié ou rejeté.

Et puis le coach qui ne met pas de côté son humeur, son agacement, ses ennuis, ses pensées et toutes ses préoccupations externes, ne serait pas pleinement présent à son client.

Soyez attentifs aussi au niveau d’altérité du coach

Je me souviendrai aussi de cette autre amie qui a gardé une mauvaise image de la psychothérapie depuis qu’une professionnelle lui a dit qu’elle devrait s’estimer heureuse, elle qui a eu un bébé mort né, par rapport à ceux qui ont perdu de grands enfants.

Le coach, comme tous les professionnels de la relation d’aide, a tout intérêt à travailler son altérité pour éviter principalement deux formes de violence :  le jugement et la chosification.

La posture de coach implique d’être calme et disponible pour accueillir le client sans jugement. Nous estimons en coaching qu’il n’y a pas de réalité mais juste une perception de la réalité et donc le jugement n’a pas de raison d’être. Le jugement peut être néfaste même s’il n’est exprimé que par le regard. Et puis il y a aussi l’effet Pygmalion : Quand le coach doute des compétences de son client, celui-ci risque d’adopter des comportements conformes à l’image qu’on lui renvoie de lui même. 

Pour accueillir sans juger, le coach a intérêt de passer de l’ethnocentrisme à l’ethnorelativisme. Dans l’ethnocentrisme on fait du groupe social auquel on appartient le seul modèle de référence et on juge le comportement d’autrui à travers le prisme de son propre système de valeurs. Dans l’ethnorelativisme, le coach devient conscient de l’existence de plusieurs manières de penser et d’agir .

J’approuve que ce passage n’est pas évident surtout pour des coachs qui viennent de milieux où ils sont habitués à donner leurs points de vue, arbitrer ou trancher. Je pense notamment à des métiers comme l’enseignement ou le consulting.

 Dans l’altérité, il y a aussi la capacité du coach à considérer son coaché autrement que ce qu’il est à l’instant présent, à prendre en compte son contexte dans son ensemble et à admettre l’ambivalence de l’être humain et la coexistence du bien et du mal chez lui.

Il s’interdirait de faire à la place et il accompagnerait son coaché sans croire qu’il sait mieux que lui ce qu’il doit faire. Et bien sûr, il ne lui épargnerait pas une confrontation quand elle est nécessaire. Le coach qui est pris par sa volonté de pacification, par sa « bonté »,  par son « acceptation exagérée de l’autre » ou celui qui juge son coaché trop fragile pour supporter la confrontation, risquerait d’être violent car ce serait une sorte d’abandon à l’égard de son coaché.

Un coach en altérité irait chercher la réalité de son coaché pour la faire évoluer et ne le chosifierait pas en voulant le transformer selon l’image qu’il aimerait qu’il soit car ceci serait violent de sa part. Il ferait confiance au savoir d’être humain de son coaché et admettrait qu’il ait une logique différente. Il le confronterait avec bienveillance et le respecterait en le bousculant. Il accepterait de se remettre en question et ne croirait pas en une puissance sans limite et en un savoir préalable qu’il appliquerait aveuglément quel que soit l’événement. 

Enfin, rappelez vous : 

 « le médecin qui n’est pas conscient de sa maladie empêche les patients de voir le médecin qui est en eux » Carl Gustav Jung

-Manal BENJELLOUN, Coach certifiée

MANAL BENJELLOUN

Webjournaliste, Coach professionnelle certifiée et Formatrice en discipline positive, spécialisée en gestion de conflit,lauréate de l'Institut Supérieur de Commerce et d'Administration des Entreprises

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