À la veille de la journée mondiale de la femme,je me suis livrée à mes réflexions sur la femme, jusqu’à ce que je reçus un téléphone ,de la part de Coaching News Magazine, m’annonçant la date de l’événement “Née pour briller”.Ce fût une jolie coïncidence, ce qui m’a donné envie de laisser libre cours à mes souvenirs…

Outre ma mère et mes tantes, j’ai connu, enfant, beaucoup de profils féminins, tous différents les uns des autres mais qui se partagent, à mes yeux d’enfant, une force de caractère inexplicable.
La sage-femme qui a accouché ma mère, fréquentait notre maison, à la veille des fêtes pour bénéficier des récompenses, elle se disait notre deuxième mère et toutes les portes des maisons voisines lui étaient ouvertes. Je me rappelle d’une autre femme qui, elle, avait pour mission de passer dans les maisons pour inviter les familles aux fêtes célébrées (baptêmes, circoncisions, mariages), elle était connue par son bouquet de fleurs et le pot, que la tradition voulait que les femmes y glissent quelques pièces de monnaie en guise de rémunération. Cette dame avait aussi la possibilité de toquer aux portes pour vendre des tissus aux femmes, elle était une bonne oratrice et pouvait par occasion diffuser les nouvelles. Pour tapisser nos matelas, ma tante faisait appel à une femme qui, elle aussi, avait accès à toutes les maisons. Pour le couscous et les pattes qu’on consommait tout au long de l’année, ma famille sollicitait les services d’une femme qui passait la journée à la maison à travailler la semoule, elle revenait le lendemain pour retourner les produits qu’elle a étalés la veille sur des draps blancs pour les faire sécher. Bien évidemment, il y avait d’autres métiers féminins en l’occurrence la couturière, la brodeuse, la cuisinière qui tenait aussi le Hammam ou le bain turc, les musiciennes ou la chorale de chanteuses et bien d’autres métiers.
Mais à part les revenus modestes de ces femmes, qui les aidaient à subvenir aux besoins de leurs familles, elles avaient une grande place dans la société. L’identité de la femme a toujours été liée à la réalité socio-culturelle, et ces femmes ont beaucoup impacté la société marocaine et nous continuerons à les porter dans nos cœurs, parce qu’elles ont marqué l’enfance de toute une génération.
Plus tard, quand j’ai découvert le monde de la littérature, j’ai trouvé à ces femmes beaucoup de similitudes avec les personnages féminins des grands écrivains.
L’image de la femme dans la littérature maghrébine
On ne peut parler de la femme dans la littérature maghrébine sans évoquer l’enfant de sable de Tahar Benjelloun, la boîte à merveilles d’Ahmed Sefrioui ou encore la civilisation, ma mère de Driss Chraïbi. Des œuvres qui témoignent d’un mal-être que vivait toute une société régie par le patriarcat.
Je vais m’arrêter un peu sur la civilisation, ma mère. Ce choix n’est pas aléatoire parce qu’on assiste dans la deuxième partie de l’œuvre à l’émancipation de l’héroïne. Driss Chraïbi peint la réalité de la femme à la fin des années 30. L’héroïne est une mère de famille qui a connu, quand elle était enfant, beaucoup de misères après la mort de ses parents. Elle a été adopté par une famille pour servir de bonne et a été marié à un homme plus âgé qu’elle. Illettrée et n’arrivant pas à comprendre tous les changements qui s’opèrent autour d’elle en l’occurrence : la radio, le téléphone et l’électricité ; ses enfants ne ménageront aucun effort pour l’accompagner dans la découverte de ce monde « magique ». A l’insu du père qui était souvent en déplacement, elle découvre le monde extérieur. De découverte en découverte, elle apprend à lire et à écrire, s’habille à l’européenne, apprend à conduire la voiture et adhère au mouvement de libération des femmes. Cette histoire est un modèle de libération et d’affranchissement pour certaines femmes qui, de nos jours, peinent encore à se tracer un chemin, leur propre chemin.
L’image de la femme dans la littérature française
La condition féminine n’a cessé d’occuper les grandes figures de la littérature française. J’ai choisi deux modèles d’écrivains dont l’œuvre est particulièrement riche : Emile Zola et Stendhal ; ces deux auteurs et bien d’autres ont contribué à meubler ma bibliothèque à une période de ma vie.
Dans l’Assommoir, Emile Zola peint à travers Gervaise, l’héroïne du roman, la condition de la femme travailleuse, répondant ainsi à une vision naturaliste qui met la vie et le travail sur le même piédestal.
Gervaise qui est issue de la classe ouvrière est décrite comme une femme ambitieuse qui a pour idéal d’avoir sa propre boutique. Avec une volonté de dépassement de soi et de son vécu, elle parvient à s’établir comme blanchisseuse et connaît l’ascension grâce à sa persévérance. En se livrant à l’alcoolisme, elle renonce à ses rêves et se précipite dans la déchéance d’où sa décadence.
Dans le Rouge et le Noir de Stendhal madame de Rênal évolue dans une société patriarcale, elle est enfermée dans son rôle de mère, c’est une femme soumise et résignée. En l’absence de contre- modèles, elle trouvait en son époux un bon conjoint malgré sa grossièreté. Il a fallu qu’elle fasse la connaissance de Julien Sorel, le précepteur de ces enfants, pour qu’elle prenne conscience de l’existence de figures masculines positives. Elle entretient une relation secrète avec Julien qui n’y voit qu’un moyen d’ascension sociale.
J’ai opté pour ces deux figures féminines qui ne sont pas forcément des modèles de réussite, cependant, à mon sens que ce soit Gervaise ou madame de Rênal, l’une et l’autre ont frôlé la réussite. Mais l’addiction dans le cas de Gervaise ou le poids de l’hérédité comme le dit Zola et la naïveté de madame de Rênal qui imagine avoir trouvé le bonheur dans un amour coupable, ont accéléré leur chute.
Je termine avec une citation de Gandhi :
« Appeler les femmes « le sexe faible » est une diffamation, c’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes ».
Je vous laisse réfléchir…. À vous de jouer !!!!









Les femmes et les filles jouent un rôle essentiel pour surmonter les plus grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, et elles doivent être entendues, valorisées et appréciées dans l’ensemble de la société, il suffit que le dernier vœux de notre Prophète Mohammed Salla Allah alih wa Sallam était de respecter et valoriser la femme.je te félicite chère collègue pour cet article touchant qui a débuté par une nostalgie spéciale pour ce que était la femme dans notre société c’est bien réussi bravo
Bravo cousine pour l’hommage que t’as rendu aux femmes.