Plusieurs sagesses anciennes suggèrent que le monde est le reflet de soi.
Certains physiciens quantiques l’interprètent aussi :
nous engendrons ce que nous sommes.

Ainsi, nous pouvons observer une réalité déplaisante comme une opportunité de transformation intérieure.
Comme l’évoquait Einstein, nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont générés. Ce n’est pas en « luttant contre le féminin bafoué » qu’on solutionnera ce challenge. Ce n’est pas non plus en condamnant le masculin. Le défi du féminin bafoué est juste une magnifique opportunité d’identifier le bug originel, qui se trouve en nous.
Le féminin, au sens taoïste, ce n’est pas uniquement la féminité. Ce n’est pas qu’une histoire de femmes. D’autant que nous sommes tous concernés. Hommes autant que femmes. Car le féminin, c’est notre fibre sensible, créatrice, intuitive. C’est notre corps, c’est la terre. C’est l’invisible, ce qui est caché, tu, occulté. C’est aussi notre nature profonde, insuffisamment révélée.
Si nous ne mettons pas en lumière et ne déployons pas, individuellement, ces parts invisibles de nous, il y aura disproportion, en nous-même, entre notre yang-masculin et notre yin-féminin. C’est d’ailleurs ce que nous observons dans notre macrocosme, où le Yang prédomine : rapidité, rationnel, concret, superficialité, brillance. La force, le résultat avant tout, les finances. La suprématie du chef sur le collectif. Le focus sur la tête plutôt que sur le coeur et le corps (y compris le corps social !).
Pour que l’équité yin-yang se reflète dans nos vies et dans le monde, il s’agit donc de faire émerger de nous-même nos fibres féminines. Aujourd’hui objectivement, elles sont régulièrement mises en sourdine, voilées, cachées, empêchées, taboues. Tues. Inféodées à un yang intense. A l’intérieur de nous.
Si notre féminin a été outragé à un moment de notre vie, notamment dans notre enfance, ce n’est pas qu’une calamité. Nos épreuves ne sont pas là par hasard. Elles sont là pour nous mettre en quête de l’opposé de ce qui a créé la souffrance.
C’est la loi de la dualité proposée par le Tao et la Kabbale. Si on souffre du froid, on se met logiquement en quête de chaud. Si on a été victime de rejet, on recherche la reliance. Injustice ? Justice. Abandon ? Lien. Dévalorisation ? Valeurs. Mensonges ? Vérités.
Si notre féminin a été bafoué, c’est qu’il nous est demandé de le sublimer. Pas en partant en croisade d’une manière Yang. Pas en tapant sur le Yang. Le Yang est beau. Le masculin est noble et fondamental. Le Yang est lumineux.
Ces sagesses d’antan invitent à utiliser le beau du yang et le bon du yin, puis à équilibrer ces deux composantes, enfin de les allier.
C’est le mariage alchimique auquel nous aspirons, cette quête d’harmonie. Si nous faisons cet alliage en nous, il se reflètera dans notre macrocosme.
C’est ce que suggérait Gandhi : “Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde“.
Alors merci à toutes ces femmes, et à tous ces hommes qui ont souffert d’un féminin dénigré, violenté, outragé. Ce sont celles et ceux qui oeuvrent en colibri, de manière si jolie, si magistrale, au rééquilibrage des polarités féminin-masculin vers un monde plus harmonieux.
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